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Exploiter les aspects bénéfiques de la réponse inflammatoire afin de régénérer le système nerveux central

Exploiter les aspects bénéfiques de la réponse inflammatoire afin de régénérer le système nerveux central

Chef d'équipe 
  • V. Wee Yong, University of Calgary
Membres de l'équipe :
  • Luanne Metz, University of Calgary
  • Christopher Power, University of Alberta
  • Peter Stys, University of Calgary
  • Fiona Costello, University of Calgary
  • Serge Rivest, Université Laval

Aperçu du projet

Ce projet de recherche vise à étudier les effets bénéfiques de la réponse immunitaire dans le système nerveux central (SNC). Ce système est composé de deux parties distinctes, l’immunité innée et l’immunité acquise. L’immunité innée est la première à détecter les infections et à y réagir. Une bonne défense innée est un processus physiologique normal et essentiel pour réagir aux blessures et aux infections. Les microglies sont les cellules responsables de la réponse immunitaire innée dans le SNC. Lorsque celui-ci est blessé, un autre type de cellules de l’immunité innée, les macrophages, pénètrent le cerveau et la moelle épinière. L’étude va d’abord se pencher sur le rôle des cellules immunitaires innées dans les lésions du SNC et la progression des maladies neurodégénératives et de la myéline. L’étude de la contribution du système immunitaire inné à l’amélioration de la santé du SNC est très récente. L’équipe de chercheurs suggère qu’une activation immunitaire bien réglée du SNC peut faciliter la réparation des neurones endommagés durant les lésions et les maladie du SNC.

L’équipe cherche à cerner les conditions sous lesquelles une réponse inflammatoire propice encourage la guérison ; elle tente aussi de capter les aspects bénéfiques du système immunitaire pouvant favoriser la régénération de la gaine de myéline. L’approche est transformationnelle car elle promet de mettre au point de nouveaux moyens qui faciliteront la régénération du SNC. Cette recherche est pertinente dans le rétablissement de plusieurs troubles neurologiques dont les lésions de la moelle épinière, la sclérose en plaques et l’élimination des protéines toxiques dans la maladie d’Alzheimer.

Résultats

L’équipe de V. Wee Yong a accompli d’importants progrès. En recoupant les données de prévalence de la sclérose en plaques (SP) ainsi que 11 facteurs de risque, les chercheurs ont découvert qu’un manque de rayonnement ultraviolet B (menant à une carence en vitamine D) constitue le facteur par excellence qui favorise l’apparition de cette maladie.

Des recherches plus poussées sur les mécanismes immunologiques de la vitamine D contribuant à l’amélioration du bien-être des patients atteints de SP ont également révélé que la vitamine D exerce un effet protecteur sur les axones et les neurones.

Enfin, leurs travaux ont aussi mis au jour de nouveaux agents thérapeutiques pour la SP et autres troubles neurologiques, soit la crocine, le dipyridamole et l’atipamézole. Fait intéressant, ce dernier exerce un effet particulier sur les neurones : il aiguise leurs mécanismes de défense, même en présence d’inflammation généralisée.

Grâce à la tomographie par cohérence optique (TCO), on peut scruter le nerf optique des patients atteints de SP afin de mesurer la perte d’axones, mais le rythme de détérioration varie d’un sous-groupe de patients à l’autre. L’équipe V. Wee Yong fera appel à cette méthode pour mesurer les résultats d’un essai pilote évaluant l’effet neuroprotecteur de la minocycline. Les chercheurs procèdent maintenant au recrutement de patients atteints de SP pour cette étude.

Enfin, les chercheurs continuent d’explorer la piste de l’amphotéricine B, un antifongique qui active les microglies/macrophages. Ils utiliseront des souris pour évaluer l’efficacité et l’innocuité de son effet réparateur sur les lésions démyélisantes. Si les résultats sont concluants, la science disposerait d’un nouvel outil pour remédier à la perte de myéline chez l’humain. En stimulant les microglies avec le M-CSF, ils ont observé une meilleure élimination des dépôts toxiques d’Aβ dans le cerveau de modèles murins de la maladie d’Alzheimer. Fait intéressant, un traitement hebdomadaire avec le M-CSF parvient à freiner efficacement la progression des symptômes d’alzheimer des souris, même s’il est administré tardivement et que les plaques sont déjà bien ancrées dans le cerveau.