Brain Canada Brain Canada
EN Donner

La transformation de la recherche sur la douleur chronique

La transformation de la recherche sur la douleur chronique

Chef d'équipe 
  • Michael Salter, The Hospital for Sick Children
Membres de l'équipe :
  • Yves De Koninck, Université Laval
  • Jeffrey Mogil, McGill University
  • Karen D. Davis, University of Toronto
  • Min Zhuo, University of Toronto

Aperçu du projet

La douleur nuit à des millions de personnes dans le monde entier et a d’importantes conséquences négatives sur la qualité de la vie. Lorsqu’elle est non traitée, la douleur est la plus grande cause d’incapacité qui porte atteinte à la vie. La douleur aiguë est une sensation normale déclenchée par le système nerveux pour prévenir le corps d’une blessure. Par contre, la douleur chronique est une douleur qui dure au-delà du temps normal de guérison d’une blessure ou d’une maladie, dans certains cas elle se manifeste même sans raison. Ce type de douleur n’exerce aucun rôle utile ou protecteur.

La douleur neuropathique est une douleur chronique qui est présente à la suite d’une lésion nerveuse ou d’une maladie alors que les dommages originaux ne paraissent plus. Elle est extrêmement débilitante et résiste aux traitements disponibles. On peut constater une douleur neuropathique chez les patients atteints de diabète, de cancer, de VIH et autres troubles.

L’objectif du Dr Salter et de son équipe est d’obtenir de nouveaux aperçus sur les mécanismes génétiques, moléculaires et cellulaires qui pourraient expliquer pourquoi la douleur devient chronique et comment l’information de la douleur chronique est entreposée et traitée au niveau du cerveau. Ces nouvelles connaissances permettront d’améliorer les méthodes diagnostiques, thérapeutiques et de gestion pour les patients atteints de douleur neuropathique. En comprenant ces mécanismes, il serait possible de mettre au point une nouvelle génération de médicaments capables de cibler sélectivement la douleur chronique, la traiter et réparer les dommages neurologiques.

En démontrant une perturbation de la fonction cérébrale et les composantes génétiques de la douleur chronique, cette recherche aidera à diminuer la stigmatisation liée à la douleur chronique. De plus, les patients atteints de douleur chronique souffrent souvent de dépression, donc toute amélioration de la maîtrise de la douleur apportera une amélioration générale de la santé mentale.
Dans un sens plus large, les mécanismes moléculaires analysés dans cette recherche sont pertinents pour étudier d’autres troubles du système nerveux central y compris la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson et autres maladies neuroinflammatoires.

Résultats

Imaginez être incapable de porter une chemise ou de supporter la caresse d’une légère brise parce que de tels stimuli inoffensifs vous causent une douleur insoutenable. Des millions de personnes partout dans le monde vivent cette situation à tous les jours. Il s’agit de la douleur neuropathique — la plus débilitante de toutes les douleurs. La douleur neuropathique survient souvent suite à une lésion faite à un nerf et peut causer des complications dans toutes sortes de maladies, notamment le cancer, le sida et le diabète. Cette forme de douleur est presque toujours résistante aux traitements disponibles, même aux puissants narcotiques. L’équipe a franchi une importante étape en prouvant qu’un fonctionnement défectueux au niveau de la moelle épinière cause la douleur neuropathique. Ils ont découvert qu’un type de cellule dans la moelle épinière, les microglies, deviennent actives suite à une blessure alors que l’on croyait qu’elles ne réagissaient qu’aux infections virales et bactériennes. Une fois activées, les microglies émettent des signaux chimiques qui stimulent les cellules dans la voie nerveuse de la moelle épinière les causant à envoyer des messages au cerveau même si la peau est stimulée de façon inoffensive. Le cerveau interprète alors des messages communiquant de la douleur et non une stimulation bénigne.

Impact

L’équipe a découvert des cellules, molécules et gènes jouant un rôle dans la douleur neuropathique. Ces nouvelles connaissances mèneront vers des progrès continus non seulement dans les traitements mais aussi dans le diagnostic de la douleur neuropathique chez ceux qui souffrent.

Publications