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Financement accordé à six équipes de recherche visant à améliorer l’état de santé et la qualité de vie des patients atteints de troubles neurologiques

Les nouvelles FCRC, Nouvelles | 04 Octobre 2018 |

Pour diffusion immédiate
Le 3 octobre, 2018
Montréal, QC

Financement accordé à six équipes de recherche visant à améliorer l’état de santé et la qualité de vie des patients atteints de troubles neurologiques

Le tiers de la population, soit 11 millions de personnes, devra composer avec une maladie psychiatrique, un trouble neurologique ou encore une lésion cérébrale ou médullaire à un moment donné. Conscient de leurs répercussions importantes sur la santé des Canadiens, le gouvernement fédéral appuie les recherches visant à approfondir notre connaissance du cerveau.

La Fondation Brain Canada et Santé Canada sont fiers d’annoncer aujourd’hui les résultats du concours de subventions d’équipe Amélioration de l’état de santé et de la qualité de vie. Celui-ci a été financé par le biais du Fonds canadien de recherche sur le cerveau avec le soutien financier de Santé Canada et des commanditaires institutionnels. Lancée en juillet 2017, cette subvention d’équipe vise à accélérer l’impact des avances en recherche sur l’état de santé et la qualité de vie des patients atteints de troubles neurologiques. Ce concours offre l’occasion de développer des collaborations non orthodoxes entre des équipes pluridisciplinaires de chercheurs (incluant les sciences sociales), cliniciens, travailleurs paramédicaux, soignants et patients.

« Le Canada compte quelques-uns des meilleurs neuroscientifiques de partout au monde, et nous sommes heureux de soutenir leur travail par le biais de la Fondation Brain Canada, » a déclaré l’honorable Ginette Petitpas Taylor, ministre de la Santé. « Cette recherche aidera les Canadiens qui vivent avec des troubles du cerveau, à mener des vies saines et productives. »

« Le programme de recherche de la Fondation Brain Canada a toujours eu pour but de mener à des résultats précis qui profiteront aux patients et à leur famille, » affirme Inez Jabalpurwala, présidente et chef de la direction de la Fondation Brain Canada. « Nous croyons fermement que les gens doivent être au cœur de la recherche. »

Six équipes de recherche provenant de partout au Canada ont été sélectionnées à l’issue d’un examen rigoureux mené par un comité international. Celles-ci obtiendront au total plus de quatre millions de dollars de financement. Les projets ciblent plusieurs domaines de recherche hautement prioritaires comme les commotions cérébrales, la santé mentale, la maladie d’Alzheimer et l’AVC. Une liste des chefs d’équipe et une courte description de chaque projet se trouvent ici.  

À propos de la Fondation Brain Canada

Établie à Montréal, la Fondation Brain Canada est un organisme de bienfaisance national enregistré qui appuie la recherche sur le cerveau au Canada en finançant des travaux novateurs capables de changer la donne. Depuis vingt ans, la Fondation Brain Canada s’emploie à démontrer que le cerveau doit être abordé comme un système en soi et complexe, au carrefour d’un éventail de troubles neurologiques, de maladies mentales, de toxicomanies et de lésions cérébrales et médullaires. Cette reconnaissance de la nature distincte du cerveau met en relief la nécessité d’une meilleure collaboration entre disciplines et établissements, de manière à investir de façon plus éclairée dans la recherche sur le cerveau, axée sur des résultats précis qui profiteront aux patients et à leur famille. La vision de la Fondation Brain Canada est de comprendre le cerveau, en santé et dans la maladie, d’améliorer la vie et d’avoir un impact sociétal.

Le Fonds canadien de recherche sur le cerveau est un partenariat entre Santé Canada et la Fondation Brain Canada dont l’objectif est d’encourager les Canadiens à investir davantage dans la recherche sur le cerveau et de maximiser l’incidence et l’efficacité de ces investissements. La Fondation Brain Canada a recueilli 115 millions de dollars fournis par plus d’une centaine de donateurs privés et partenaires non fédéraux ainsi qu’une contrepartie de 120 millions de dollars versée par Santé Canada. La Fondation appuie l’excellence dans le domaine de la neuroscience au Canada en stimulant la recherche concertée et en accélérant le rythme des découvertes afin d’améliorer la santé et la qualité de vie des personnes atteintes de troubles neurologiques au Canada.

Contact avec les médias : Émilie Rodgers, Brain Canada, emilie.rodgers@braincanada.ca, 514-989-2989

Liste des récipiendaires

Jaynie Yang, Université d’Alberta (Alb.)

Montant de la subvention : 537,000.00 $         

Titre : Partenariat entre parents et thérapeutes afin de procurer de l’exercice intensif et précoce pour améliorer la capacité de marche des enfants ayant subi un AVC périnatal

L’AVC périnatal (autour de la naissance) est dévastateur, puisque ses effets durent toute la vie. Les traitements actuels visant à améliorer la capacité de marche sont limités et généralement passifs, comme par exemple l’étirement, les orthèses, les injections de toxine botulique et la chirurgie. Des travaux récents sur des modèles animaliers indiquent que la thérapie intensive active est efficace chez les jeunes, dont les trajets nerveux sont toujours en développement, mais pas chez les animaux plus vieux. L’équipe de Jaynie Yang a appliqué ces principes dans une étude de laboratoire effectuée auprès de jeunes enfants ayant subi un AVC périnatal en utilisant de l’activité intense basée sur le jeu 4 jours par semaine, et ce pour 12 semaines. Les résultats sont très prometteurs et démontrent que la thérapie intensive chez les jeunes enfants est faisable et mène à des meilleurs résultats de mobilité que les pratiques actuelles.

L’équipe propose ici une nouvelle étude qui implique les parents, cliniciens, gestionnaires et chercheurs, afin d’appliquer ce traitement dans des conditions réelles. Le traitement sera administré par des parents en partenariat avec des physiothérapeutes de première ligne. Selon les parents, le partenariat augmente la faisabilité de l’intervention en plus d’accroître leur autonomisation. Trois centres à Edmonton, Calgary et Ottawa seront impliqués. Tous les enfants seront suivis jusqu’à l’âge de quatre ans afin de déterminer si leurs résultats à long terme sont meilleurs que ceux rapportés pour les enfants du même âge n’ayant pas subi cette intervention. La qualité de vie de l’enfant et de sa famille sera mesurée, ainsi que le rapport coût-efficacité du traitement. Si cette approche est efficace, elle sera appliquée par d’autres thérapeutes et parents. Le projet vise à remplacer les approches passives actuelles par une approche intensive et active qui mènera à des bienfaits pour l’enfant et ses parents bien au-delà de la durée de l’étude.

 

Benjamin Goldstein, Sunnybrook Research Institute /Université de Toronto (Ont.)

Montant de la subvention : 779,000.00 $         

Titre : L’exercice comme médicament pour les adolescents atteints du trouble bipolaire

 

Ce projet vise à améliorer la capacité aérobique des adolescents atteints du trouble bipolaire. Le trouble bipolaire touche de 2 à 5% des adolescents et est la quatrième condition médicale la plus débilitante mondialement chez les adolescents. Même lorsqu’ils reçoivent des traitements, les adolescents atteints du trouble bipolaire ont des symptômes de l’humeur plus de la moitié du temps qui nuisent à leur qualité de vie. Les adolescents atteints du trouble bipolaire présentent également un risque plus élevé de développer des maladies cardiovasculaires précoces. Une augmentation de la capacité aérobique pourrait améliorer la santé mentale à long et à court terme, ainsi que la santé physique et la qualité de vie. Cette étude sera la première à évaluer comment engager les adolescents atteints du trouble bipolaire afin d’augmenter leur capacité aérobique. L’équipe de recherche inclut des chercheurs et des cliniciens-chercheurs, ainsi que des travailleurs sociaux, un leader en défense des droits en santé mentale, un adolescent atteint du trouble bipolaire, et un parent d’un adolescent atteint du trouble bipolaire. L’expertise et l’expérience combinée de l’équipe permettront de développer une approche unique qui ne pourrait être développée sans intégrer les différentes perspectives des chercheurs, cliniciens et consommateurs.

L’équipe recrutera 50 adolescents atteints du trouble bipolaire pour cette intervention de counseling en changement de comportement de 12 semaines visant spécifiquement à améliorer la capacité aérobique. Les module principaux incluront l’éducation à propos de l’exercice, le counseling personnalisé en personne pour discuter des croyances sur l’exercice et  la résolution de problèmes, et le counseling hebdomadaire par téléphone pour augmenter la motivation, examiner le registre et journal d’exercice, et résoudre les problèmes. Des modules d’intervention optionnels incluront l’entraînement par un spécialiste en éducation physique qualifié, le counseling familial et le soutien des pairs. Cette approche flexible, personnalisée et axée sur les patients vise à être réalisable et efficace à travers divers contextes et adolescents atteints du trouble bipolaire. Malgré l’importance de ce sujet, il n’existe actuellement pas d’interventions d’exercice physique pour les adolescents atteints du trouble bipolaire. L’équipe croit que ce type de projet est nécessaire pour faire avancer le domaine.

 

Keith Yeates, Hotchkiss Brain Institute/Université de Calgary (Alb.)

Montant de la subvention : 429,000.00 $

Titre : Mise en œuvre d’un cheminement clinique pour le soin aigu des commotions cérébrales pédiatriques : adoption, résultats et impacts sur les soins de santé

 

Chaque année, entre un et deux millions d’enfants en Amérique du Nord subissent une commotion cérébrale. Bien qu’il existe des directives pour la prise de charge des soins pour ces enfants, celles-ci ne sont pas mises en œuvre de façon systématique. Les pratiques cliniques sont donc très variables d’un fournisseur de soins de santé à un autre. Le manque de traduction de ces directives en ‘cheminement clinique’ (c.-à-d. des étapes simples qui sont faciles à suivre pour les fournisseurs de soins) pourrait être en cause. En novembre 2015, le Maternal Newborn Child Youth Strategic Clinical Network des Alberta Health Services a convoqué un groupe d’experts afin de développer un cheminement clinique pour les commotions cérébrales pédiatriques afin de combler ce besoin.

La présente étude vise à effectuer une évaluation rigoureuse de la mise en œuvre et de l’impact de ce cheminement clinique à travers quatre sites en Alberta. Le projet a pour but d’établir un plan de mise en œuvre robuste, d’en évaluer l’impact sur les états de santé et de déterminer si le cheminement clinique mène à une réduction des recours aux services de santé et des coûts. Le cheminement clinique sera mis en œuvre à travers quatre sites en Alberta sur 24 mois. Aucune étude publiée n’a rigoureusement évalué la mise en œuvre d’un cheminement clinique pour les commotions cérébrales pédiatriques. La présente étude permettra donc de franchir une nouvelle étape dans la poursuite de l’amélioration des états de santé des enfants atteints de commotions cérébrales et de la réduction du fardeau de santé publique. Ce projet est particulièrement innovateur grâce à l’intégration de la technologie dans le cheminement clinique. Le portail Web et le système de rappels par SMS pourraient transformer les soins des enfants atteints de commotions cérébrales à l’échelle nationale.

 

Ian Graham, L’Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa/Université d’Ottawa (Ont.)

Montant de la subvention : 1,203,000.00 $

Titre : Rétablissement de l’AVC en mouvement

 

À l’échelle mondiale, une personne sur six subira un AVC au cours de sa vie. Un tiers de ces personnes seront handicapées de façon permanente. En 2013, au moins 405 000 Canadiens vivaient avec un handicap de longue durée causé par l’AVC et ce nombre grimpera à 726 000 d’ici les vingt prochaines années. Les progrès réalisés dans le traitement de l’AVC ont augmenté le taux de survie mais ont mené à une augmentation du nombre de personnes vivant avec un handicap chronique. Parallèlement, la science s’est penchée davantage sur l’accélération de la guérison du cerveau que sur le traitement aigu de l’AVC. Dans les cinq dernières années, les essais cliniques ont produit quantité de données probantes ayant mené à des nouvelles pratiques de rétablissement d’un AVC mais leur adoption a été lente et il existe des lacunes entre les meilleures pratiques et les pratiques courantes. Par exemple, en dépit de preuves convaincantes que l’exercice aérobique améliore la réadaptation motrice, la qualité de vie et les fonctions cognitives post-AVC, la majorité des survivants d’AVC vivant dans la communauté n’ont pas accès à des programmes d’exercice de qualité.

En 2016, le Partenariat canadien pour le rétablissement de l’AVC de la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC a convoqué son Comité consultatif sur l’application des connaissances afin d’identifier les domaines prioritaires pour le transfert des connaissances. Le comité, composé de personnes vivant avec l’AVC, de soignants, d’experts en rétablissement de l’AVC, de fournisseurs de soins de santé, de décideurs politiques et d’experts en transfert des connaissances, a identifié l’exercice post-AVC comme étant hautement prioritaire. Le comité a spécifiquement identifié le besoin de développer des programmes d’exercice communautaires durables et fondés sur des preuves pour les gens ayant subi un AVC.

Ce projet vise donc à augmenter la mise en œuvre de programmes d’exercice communautaires durables et fondés sur des preuves pour les gens ayant subi un AVC et d’en mesurer l’impact. Une approche de transfert de connaissances participative sera aussi utilisée afin d’identifier les facteurs qui favorisent ou nuisent à l’adoption des meilleures pratiques afin d’accélérer la mise en œuvre future.

 

Tarek Rajji, Centre de toxicomanie et de santé mentale (Ont.)

Montant de la subvention : 1,405,889.00 $

Titre : Améliorer la qualité de vie chez les personnes âgées en standardisant les soins pour les symptômes neuropsychiatriques de la démence


L’agressivité et l’agitation sont des symptômes communs auprès des patients atteints de démence. Ces symptômes sont la cause principale de l’hospitalisation et de l’admission aux établissements de soins de longue durée. Les médicaments qui sont fréquemment utilisés pour traiter ces symptômes ont des effets secondaires importants comme les chutes, les AVC et une augmentation du risque de décès. Les effets secondaires néfastes sont plus communs avec l’utilisation inappropriée des médicaments. Pour remédier à ce problème, une approche standardisée dénommée le Protocole de soins intégrés (PSI) a été développée afin de traiter l’agressivité et l’agitation chez les personnes atteintes de démence. Le PSI est un algorithme de traitement qui suit une approche méthodique étape par étape et qui inclut des évaluations prédéterminées à chaque étape. Le PSI a été mis en œuvre avec succès dans l’unité gériatrique des patients hospitalisés du Centre de toxicomanie et de santé mentale et a mené à une amélioration des états de santé ainsi que d’une réduction de l’utilisation des médicaments et des chutes.

Dans le cadre de cette étude, l’équipe propose d’évaluer cette approche à travers le Canada dans d’autres hôpitaux académiques et établissements de soins de longue durée. L’équipe recrutera 220 participants montrant de l’agressivité ou de l’agitation causée par la démence à travers 7 différents sites d’études (4 unités de patients hospitalisés et 3 établissements de soins de longue durée) à travers le Canada. Les participants seront répartis de façon aléatoire en deux groupes : le PSI ou le traitement standard actuel. Des données seront recueillies sur différents paramètres cliniques comme l’agitation, les chutes, l’utilisation de médicaments, le fardeau des soignants et l’impact économique des soins. Le traitement standard et le PSI seront comparés.

Si l’approche est efficace, ce projet informera les pratiques cliniques en termes d’agitation et d’agressivité causées par la démence et augmentera la qualité de vie des patients atteints de démence et de leurs soignants. Le projet mènera aussi à une réduction du coût des soins de la santé et orientera les projets de recherche futurs dans le domaine.

 

Mari DeMarco, St. Paul’s Hospital/Université de la Colombie-Britannique (C.-B.)

Montant de la subvention : 684,000 $

Titre : Mettre la recherche en pratique : mesurer l’incidence des diagnostics d’Alzheimer au Canada

 

La maladie d’Alzheimer cause la détérioration neurologique progressive et réduit de façon significative la qualité de vie des individus qui en sont atteints et des soignants. Actuellement, plus d’un demi-million de Canadiens souffrent de la maladie d’Alzheimer ou d’une forme de démence connexe, coûtant 10,4 milliards dollars à l’économie canadienne. Dans le contexte du vieillissement rapide de la population, il est estimé que le nombre de Canadiens souffrant de démence ainsi que les coûts associés doubleront d’ici 2031. Ceci représente un enjeu de santé urgent et de plus en plus important.

Le diagnostic précoce et précis de la maladie d’Alzheimer est essentiel puisqu’un accès rapide aux soins de santé et aux services communautaires peut ralentir la progression de la maladie et améliorer la qualité de vie. Présentement, le diagnostic se fait suite à des examens d’imagerie classiques et à l’observation des signes et symptômes de la maladie servent au diagnostic. Il a été démontré la maladie peut être plus facilement identifiée en mesurant aussi la présence de certaines protéines (biomarqueurs) dans le liquide céphalo-rachidien. Ceci permet aussi de prédire quels patients présentant des symptômes légers sont susceptibles de développer la démence.

Dans le cadre de ce projet, l’équipe vise à comprendre comment les biomarqueurs de la maladie d’Alzheimer influencent la prise de décision clinique et les dépenses de santé. L’équipe mettra au point un outil de diagnostic de l’Alzheimer et identifiera les obstacles à son adoption dans le système de santé canadien en recueillant les perspectives de patients ainsi que de leurs familles et médecins et d’autres parties prenantes.