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C’est dans nos tripes : deux percées pour mieux comprendre la maladie de Parkinson et sa progression dans l’organisme

Regard sur la recherche 01 février 2021
Researchers in the Trudeau Lab.

Parcourez les rapports annuels de la Fondation Brain Canada et vous verrez le visage familier du Dr Louis-Éric Trudeau. Celui-ci a dirigé l’une des cinq équipes lauréates du Programme de régénération du cerveau lancé en 2003 qui a eu pour mission de développer des idées novatrices pouvant changer la donne. Son équipe a fait deux percées. En premier lieu, les chercheurs ont cerné le rôle des gènes impliqués dans la maladie de Parkinson, pour ensuite découvrir que les neurones responsables de la maladie mourraient parce qu’ils consomment trop d’énergie et surchauffent.

« Grâce au Programme de régénération du cerveau, j’ai côtoyé des chercheurs qui s’intéressaient à une autre dimension des maladies, explique Dr Trudeau. Ce fut un tournant de ma carrière qui m’a fait réaliser l’importance des subventions d’équipe pour les chercheurs novices au pays. Travailler en équipe est la meilleure façon d’accélérer les progrès. Ce programme de la Fondation Brain Canada est unique et il n’existe rien de tel au Canada pour les équipes de neuroscientifiques en ce moment. »

Dans ce même laboratoire niché à l’Université de Montréal, l’équipe du Dr Trudeau a fait une découverte qui a figuré au palmarès des dix plus grandes percées scientifiques de 2019 dans la revue Québec Science. Une découverte réalisée en partie grâce au soutien de la Fondation Brain Canada et de ses partenaires.

« Le cerveau est lié au corps à plusieurs égards. Il est donc logique d’étudier les interactions entre l’intestin, le cerveau et le système nerveux périphérique. Nous scrutons la façon dont le système immunitaire déclenche un mécanisme de maladie autoimmune dans l’intestin », explique-t-il.

Ses travaux menés sur des modèles animaux, dont les résultats ont été publiés dans la revue Nature, démontrent qu’une infection intestinale peut déclencher une pathologie s’apparentant à la maladie de Parkinson. Chez un animal prédisposé à cette maladie, une telle infection suffit parfois à transformer les neurones en cibles pour le système immunitaire, menant à l’apparition des symptômes. Ces observations ont permis de mieux comprendre la maladie de Parkinson et sa progression dans l’organisme, ce qui aidera à mieux la dépister et, un jour, à la traiter.