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Des virus qui rétrécissent les tumeurs

David Stojdl et quelques-uns des chercheurs devant les outils robotisés de criblage à haut débit de l’institut de recherche CHEO. De gauche à droite : Melanie Labelle, Kristina Allan, Stephen Baird, Charles Lefebvre, David Stojdl, Stephanie Swift, Ananda Mookerjee et Katelynn Rowe.

Les zones vertes et jaunes révèlent les endroits où le virus de Farmington éradique les cellules cibles (en rouge)

L’équipe de David Stojdl cherche à traiter les tumeurs du cerveau par différents moyens. À cette fin, les chercheurs ont mis au point une biothérapie exploitant un virus oncolytique conçu pour s’attaquer au glioblastome multiforme (GBM), un cancer du cerveau dévastateur. Le virus Farmington détruit les cellules cancéreuses sans altérer les cellules saines du cerveau et, contrairement à tous les autres virus oncolytiques, il peut être injecté à forte dose dans le cerveau sans problème. Grâce à la subvention de la Fondation Brain Canada, ils ont remodelé le virus Farmington en y rattachant un agent immunothérapeutique qui incite le système immunitaire du patient a attaquer la tumeur du cerveau.

L’équipe est composée de chercheurs fondamentaux et cliniciens qui sont des sommités dans le domaine de la virothérapie oncolytique et le cancer du cerveau. D’ailleurs, ils ont déjà réussi à faire progresser d’autres virus oncolytiques jusqu’à l’étape clinique. Ce nouveau projet a les atouts nécessaires pour mener cette technologie jusqu’en phase I/II et un jour améliorer considérablement le sort des patients canadiens atteints d’un GBM.

Depuis le début des travaux, le virus Farmington a déjà démontré ses capacités immunothérapeutiques en attaquant les cellules cancéreuses du cerveau de différentes façons. En premier lieu, il induit une réaction sans précédent des cellules immunitaires existantes à l’encontre des cibles cancéreuses, de sorte qu’elles adoptent ensuite un mode de veille pour combattre toute récurrence.

Deuxièmement, le virus Farmington attire les cellules immunitaires vers le site tumoral. Troisièmement, il favorise l’activité anticancéreuse des cellules T en les libérant du frein qui restreint leur effet. D’ailleurs, les chercheurs ont constaté le rétrécissement à vue d’oeil de grosses tumeurs agressives dans des souris soumises à une IRM. Cette puissance antitumorale repose sur la façon dont le virus a été conçu.

La prochaine étape consistera à tester ce virus immunothérapeutique prometteur chez l’humain. L’équipe est à l’avant-garde de la conception et la production des vecteurs de rhabdovirus à des fins cliniques, car ils mènent déjà deux essais cliniques visant d’autres indications dans le cancer à Ottawa et partout au Canada. L’intensité de la réponse immunitaire que suscite le virus Farmington dépasse largement tout ce qui a été observé en matière de vaccin anticancéreux. Voilà pourquoi cette technologie offre d’excellents espoirs d’améliorer le sort des Canadiens aux prises avec les effets dévastateurs d’une tumeur au cerveau agressive.

"Grâce au soutien de la Fondation Brain Canada, la Société canadienne du cancer et BioCanRx, nous avons pu diversifier les applications du virus Farmington en créant une seule plateforme robuste et multimodale pour traiter les cancers du cerveau. Pour y arriver, nous nous sommes adjoint les services de collaborateurs qui ont trouvé de nouvelles façons d’évaluer et de valider cette immunothérapie dans un cadre de recherche. Tout compte fait, les fonds nous ont donné les moyens de faire progresser cette technologie virale de stimulation immunitaire jusqu’à l’étape clinique."

— David Stojdl, Ph. D. Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario