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Évaluer les bienfaits de l’écriture expressive chez les jeunes

L’adolescence est une transition parfois stressante. Elle comporte souvent un chapelet de difficultés, qu’il s’agisse de composer avec de l’intimidation ou encore avec des conflits entre amis ou proches. On sait que l’état mental des adolescents s’améliore à court et à long terme lorsqu’on les aide à acquérir de la résilience, à maîtriser leurs émotions et à adopter des comportements sains lorsqu’ils sont confrontés au stress et à l’adversité. Dans cette perspective, il importe de mettre en œuvre des programmes en milieu scolaire qui favorisent le bien-être émotionnel, surtout celui des adolescents susceptibles de développer des troubles psychosociaux.

L’écriture expressive est une méthode qui exerce un effet thérapeutique sur la santé mentale. Lors d’un atelier d’écriture expressive, les participants couchent sur papier le déroulement d’un événement passé stressant ou difficile ainsi que les émotions suscitées, ceci afin de prendre pleinement conscience des émotions négatives déclenchées par cet événement. (Consultez le texte latéral pour plus de renseignements sur l’écriture expressive.)

L’étude de l’écriture expressive chez les adolescents est encore à ses balbutiements, mais les travaux menés jusqu’à maintenant auprès de ce groupe d’âge ont démontré qu’elle atténue leur propension à intérioriser les problèmes et comportements indésirables, tout en facilitant leur adaptation sociale ainsi que leur participation et réussite scolaire.

Dans le cadre de ce projet subventionné, Danielle Groleau, investigatrice principale, et son équipe mènent une évaluation formelle du Kids Write Network (KWN). Il s’agit d’une brève intervention en milieu scolaire faisant appel à l’écriture expressive, destinée à promouvoir la santé mentale et le bien-être des jeunes. Pendant cette intervention créative, un animateur aide les jeunes et adolescents à bien articuler une expérience stressante ou difficile (par exemple, une situation d’intimidation ou de conflit avec un proche) et à trouver une manière constructive d’appréhender ce genre d’incident. L’objectif ultime est d’écrire et d’illustrer un récit basé sur des faits réels qui sera ensuite publié. Cette démarche vise à améliorer le talents d’expression personnelle des jeunes, leur estime de soi et confiance en soi, de sorte qu’ils se sentiront plus libres de s’affirmer.

L’animateur suit un processus en 5 étapes (remue-méninges, protagonistes, contexte, résolution de conflit, fin - morale de l’histoire) dont l’aboutissement pour chaque participant sera la publication deux semaines plus tard d’une histoire qu’il aura écrite et illustrée par lui-même. À ce jour, plus de 1 000 jeunes ont participé à ce programme et 85 livres ont été publiés.

L’équipe a adopté un protocole multiméthode pour documenter le processus de mise en œuvre du programme de KWN, pour comprendre l’expérience des jeunes participants et pour mesurer les résultats sur la santé mentale. Les données recueillies dans le cadre de ce projet pilote seront ensuite utilisées pour élaborer une étude contrôlée à répartition aléatoire. Les résultats issus de cette évaluation grossiront le bassin de connaissances sur l’écriture expressive chez les adolescents, dans le cadre d’un programme de santé mentale en milieu scolaire.

À ce jour, grâce à la subvention, les chercheurs sont parvenus à élaborer un modèle théorique d’intervention, à tester la pertinence des mesures de résultats thérapeutiques et des méthodes qualitatives utilisées pour colliger et coder les données qualitatives, et à cerner les stratégies de recrutement qui se prêtent le mieux à une étude contrôlée et à répartition aléatoire en milieu scolaire. Ils s’activent maintenant à documenter et à analyser l’expérience et les processus psychologiques des écoliers. Ensuite, ils procéderont à l’évaluation des résultats sur la santé mentale des étudiants ayant participé à l’intervention dans deux écoles.

Si l’étude à répartition aléatoire produit des résultats concluants au cours de la prochaine année, l’intervention d’écriture expressive sera déployée dans un plus grand nombre d’écoles dans le cadre d’un programme favorisant la santé mentale assujetti à un ensemble de lignes directrices.  

« Si l’on parvient à agir positivement sur la santé mentale, il sera alors possible d’outiller les enseignants et intervenants scolaires avec un programme simple et économique destiné à promouvoir le bien-être et l’estime de soi des adolescents. Ces résultats prospectifs grossiront considérablement la somme des connaissances en matière de santé mentale des jeunes en milieu scolaire. »
— Danielle Groleau, Université McGill