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EN Donner

Vers un traitement de la maladie de Huntington

De gauche à droite : Richard Fahman, Simonetta Sipione, Oksana Suchowersky

Groupe de cellules exprimant de la huntingtine mutante (en rouge) in vitro. Les points jaunes sont des agrégats de huntingtine mutante et de p62, une protéine qui est impliquée dans la clairance des agrégats de protéine.

La maladie de Huntington est un trouble héréditaire qui entraîne l’anéantissement progressif des parties du cerveau responsables du contrôle des mouvements, du raisonnement et des émotions. Elle s’accompagne également de dépression et de changements de personnalité. Les symptômes s’aggravent jusqu’à ce que les patients deviennent incapables de mener une vie normale et en meurent. C’est une maladie incurable. Pour l’instant, il est possible d’atténuer les symptômes, mais il n’existe aucun traitement capable de retarder la maladie ou d’en arrêter la progression. Il y a donc un besoin criant pour un traitement modificateur de la maladie. Les causes de la maladie de Huntington sont connues : la huntingtine devient toxique chez les porteurs de cette protéine mutante.

L’un de ses effets toxiques consiste à empêcher le cerveau de fabriquer suffisamment de GM1 (un type de ganglioside), une molécule dont dépend la santé des fonctions cérébrales. À l’aide de modèles murins, on a démontré qu’il est possible d’atténuer radicalement les symptômes de la maladie de Huntington et d’en ralentir le processus neurodégénératif, une technique de traitement qui semble prometteuse. Or, l’équipe de Simonetta Sipione a bien observé ses deux effets auparavant, sans toutefois en élucider les mécanismes. Dans le cadre de ce projet, les chercheurs continueront d’approfondir leur connaissance des gangliosides afin de mettre au jour un traitement de la maladie de Huntington. Ils ont pour objectif d’identifier les mécanismes des gangliosides thérapeutiques, de les mesurer dans des échantillons humains et de vérifier s’ils se prêtent bien à une utilisation comme biomarqueur de la progression de la maladie de Huntington. Ensemble, ces travaux aideront à tirer au clair les mécanismes d’action des GM1 dans cette maladie, tout en accélérant le développement de traitements à base de gangliosides.

Cette équipe pluridisciplinaire est composée de trois chercheurs biomédicaux et de trois cliniciens du Québec et de l’Alberta qui maîtrisent bien la neurobiologie de la maladie de Huntington, la biologie des gangliosides et des lipides, ainsi que la biochimie et la protéomique quantitative. Enfin, ce projet bénéficie de l’aide inestimable de patients atteints de la maladie de Huntington et de leurs proches qui contribuent à l’atteinte des objectifs en fournissant des échantillons et des données. Ces recherches fascinantes sont un premier pas vers des essais cliniques chez les patients atteints de la maladie de Huntington.

"Nous sommes persuadés que ces travaux changeront la donne pour la maladie de Huntington, mais aussi pour d’autres troubles neurologiques réagissant aux gangliosides, dont la maladie de Parkinson"

— Simonetta Sipione, Ph. D., Professeure associée, Université d’Alberta