Une chercheuse récipiendaire d’une bourse Étoiles montantes espère offrir du temps aux personnes atteintes d’un cancer du cerveau
Lorsqu’Annika Benson a perdu sa grand-mère, emportée par un cancer il y a quelques années, ses travaux de recherche ont soudainement pris un tout autre sens.
Le décès de sa grand-mère, qu’elle aimait tant, « a redéfini la valeur du temps », explique cette étudiante au doctorat en génie biomédical à l’Université Dalhousie. « Quand on aime quelqu’un, le temps devient notre bien le plus précieux. Perdre un proche à cause du cancer me l’a fait réaliser. »
Récipiendaire d’une Bourse pour stagiaire en cancer du cerveau de la Fondation Henry et Berenice Kaufmann, Annika honore chaque jour la mémoire de sa grand-mère en menant des recherches visant à prolonger l’espérance de vie des personnes atteintes d’un cancer du cerveau – une maladie foudroyante et virulente qui tue environ 21 000 personnes chaque année en Amérique du Nord.
Annika fait partie d’un groupe restreint de stagiaires – les Étoiles montantes de Brain Canada – reconnus pour leur brillant parcours, leur potentiel et leur capacité à bâtir un avenir meilleur en éclairant la voie de la recherche sur le cerveau.
« Rien ne m’a jamais semblé aussi gratifiant qu’un travail qui a le potentiel d’accorder plus de temps aux gens », confie-t-elle. Sous la direction du Pr Jeremy Brown, au sein du laboratoire MicroSonic de l’École de génie médical de l’Université Dalhousie, Annika travaille à la mise au point d’un instrument chirurgical destiné à améliorer la visualisation et l’ablation des tumeurs situées sous la surface du cerveau. Cet instrument associe un appareil à ultrasons microscopique à une caméra de repérage spécialisée.
« L’un des grands défis du cancer du cerveau, c’est qu’il est difficile de bien voir les contours des tumeurs pendant une intervention chirurgicale, explique-t-elle. Le cerveau bouge physiquement, ce qui amène les chirurgiens soit à laisser un peu de tissu tumoral, soit à risquer d’enlever trop de tissu sain. Mais cette nouvelle technologie pourrait améliorer l’issue des chirurgies.»
« Le chirurgien peut gagner en précision : il laisse moins de cette tumeur mortelle et préserve davantage de tissu sain, ce qui permet d’optimiser la qualité de vie et la survie de ces patients. » - Annika Benson
Les essais cliniques de ce nouvel outil pourraient débuter dès cet automne. « Ces travaux franchissent une étape passionnante, affirme Annika. Leur portée pourrait être immense. »
Annika a toujours été animée par la volonté de changer les choses. Dès son baccalauréat en génie électrique aux universités St. Mary’s et Dalhousie, elle savait qu’elle voulait mettre son travail au service de la société et changer concrètement la vie des gens.
Ayant grandi à Bedford, en Nouvelle-Écosse, elle s’est aussi intéressée de près aux neurosciences en raison de sa propre neurodivergence et de son trouble d’apprentissage.
« Étant donné que je vis avec un handicap et un TDAH, je pense au cerveau plus souvent que la moyenne des gens – à la façon dont il rend ma vie plus intéressante, ou parfois plus complexe. Même si je n’avais pas abouti en recherche oncologique, j’aurais probablement travaillé dans un domaine lié au cerveau. » - Annika Benson
Pendant son premier cycle, Annika a travaillé dans le laboratoire du Pr Brown. Passionnée par ces recherches, elle a su qu’elle devait poursuivre aux cycles supérieurs dans ce domaine.
Une fois son doctorat obtenu, Annika espère continuer de travailler avec la technologie des ultrasons guidés. « J’adorerais prendre part à la suite de l’aventure si j’en ai la possibilité. »
Elle souligne que le financement de Brain Canada lui a permis d’atteindre ses objectifs scolaires et professionnels, tout en faisant « un travail qu’elle juge essentiel… Sans ce soutien, rien de tout cela ne serait possible. »
C’est précisément le genre de retombées que recherchent les donateurs qui soutiennent les programmes de renforcement des capacités de Brain Canada.
« Le cancer du cerveau prive bien trop souvent les patients et leurs proches de moments précieux ensemble » , rappelle Janis Levine, présidente et directrice générale de la Fondation Henry et Berenice Kaufmann, le partenaire financier de cette bourse.
« En soutenant des scientifiques prometteurs, comme Annika Benson, nous investissons dans des découvertes susceptibles d’améliorer les traitements et d’offrir aux personnes atteintes d’un cancer du cerveau davantage de temps de qualité auprès de ceux qu’elles aiment. » - Janis Levine, présidente et directrice générale de la Fondation Henry et Berenice Kaufmann
Recevoir une bourse qui la reconnaît comme une « étoile montante » est également « très valorisant et donne un formidable coup de pouce, ajoute Annika. Le milieu universitaire est difficile, et c’est réconfortant de savoir qu’il y a des gens qui croient en nous et nous encouragent. »
Quelque part dans les étoiles, il ne fait aucun doute que sa grand-maman compte parmi ces gens.