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Bâtir un avenir meilleur pour les adolescents atteints de dépression

Histoires de communautés
Dr. Anthony Gifuni in his office

Bâtir un avenir meilleur pour les adolescents atteints de dépression

La dépression se manifeste souvent pour la première fois à l’adolescence et au début de l’âge adulte, une période où les gens forgent leur identité, nouent des relations importantes, tracent leur parcours scolaire et bâtissent leur avenir. Les mois passés en dépression durant ces années formatrices ne sont pas anodins : la maladie peut nuire au développement au moment même où un jeune a besoin de toutes ses ressources émotionnelles et physiques pour avancer.

La dépression est l’un des troubles mentaux les plus invalidants et les plus courants chez les adolescents. Elle peut les exposer à des risques liés à la consommation de drogues et d’alcool et affecter leur santé physique générale. C’est également l’un des principaux facteurs de risque de suicide, tant chez les jeunes que chez les adultes. Au-delà du moment présent, la dépression peut avoir des conséquences à long terme dans la vie d’un adolescent, d’où l’importance capitale d’une intervention et d’un traitement précoces.

Il faut parfois plusieurs essais et plusieurs mois avant de trouver un traitement efficace pour un patient, qu’il commence par des antidépresseurs ou la psychothérapie. La possibilité de déterminer plus tôt le traitement le plus prometteur permettrait aux jeunes de souffrir moins longtemps et, dans certains cas, pourrait diminuer les risques graves associés à la dépression persistante. Compte tenu de la vulnérabilité des jeunes à cette période cruciale de leur développement, il est essentiel de mettre au point une méthode simple, fiable et rapide pour choisir le meilleur traitement.

C’est précisément pour cette raison que le Dr Anthony Gifuni s’est donné pour mission de trouver des marqueurs biologiques accessibles associés à la gravité de la dépression, au risque de suicide et à la réponse au traitement.

Le Dr Gifuni est professeur adjoint au département de psychiatrie de l’Université McGill et bénéficiaire d’une subvention du programme Futurs leaders canadiens de la recherche sur le cerveau de Brain Canada. À l’aide de l’électroencéphalographie (EEG), le Dr Gifuni et son équipe enregistrent l’activité cérébrale de jeunes pendant qu’ils effectuent des tâches virtuelles simulant l’exclusion sociale. L’objectif est de trouver des marqueurs de l’activité cérébrale qui pourraient indiquer des schémas distincts dans le traitement émotionnel de différents signaux sociaux, comme le rejet et la réinclusion, chez les adolescents en bonne santé et ceux qui vivent leur premier épisode de dépression.

« Les interactions sociales négatives s’inscrivent dans un spectre allant du simple rejet au harcèlement, à la victimisation et à la violence, explique le Dr Gifuni. Ces expériences peuvent avoir des répercussions à vie sur la capacité à établir des relations qui impliquent un lien de confiance, une intimité et une réciprocité. Le fait même de chercher à obtenir des soins pour une dépression nécessite d’entrer en relation avec quelqu’un et de lui faire confiance. »
- Dr Anthony Gifuni 

L’EEG est une technique peu coûteuse, non effractive et bien plus accessible que d’autres outils d’imagerie cérébrale, comme l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf). Elle permet également de mesurer l’activité cérébrale en l’espace de quelques millisecondes après une tâche ou une réponse. Pour les jeunes participants vulnérables, l’EEG est beaucoup moins exigeante qu’un examen d’IRMf, ce qui permet aux chercheurs d’élargir la portée de leurs recherches et d’augmenter le nombre de patients et de participants pour chaque étude. Mais les recherches du Dr Gifuni ne se limitent pas à découvrir des marqueurs EEG de la dépression à risque élevé.

Le traitement de la dépression prend du temps, et une amélioration n’est pas toujours perceptible immédiatement. L’équipe du Dr Gifuni cherche à déterminer si des changements dans l’activité cérébrale pourraient constituer un premier signe indiquant que le traitement commence à faire effet. Un tel marqueur pourrait aider les cliniciens à décider s’il faut garder le cap ou passer à un autre traitement, et pourrait donner aux patients une raison objective de persévérer, à un moment où il est difficile pour eux de nourrir l’espoir.

« Quelle que soit l’étape de la vie, la dépression prive la personne de plaisir et de motivation, qui sont justement ce dont elle a besoin pour demander de l’aide et se sentir mieux. Plus la dépression est longue et profonde, plus il peut être difficile pour la personne d’imaginer qu’il y a une lumière au bout du tunnel ».
- le Dr Gifuni

En menant ces recherches, le Dr Gifuni espère mettre en évidence des réactions cérébrales qui nous permettront de mieux comprendre les premiers signes de la dépression, de repérer les personnes présentant un risque accru de suicide et de déterminer le meilleur traitement possible. À l’aide d’un outil de mesure hautement adaptable, peu coûteux et accessible, l’équipe travaille sans relâche pour aider les personnes les plus vulnérables à entrevoir un avenir long et radieux.

L’importance du soutien des donateurs

« La recherche est seulement possible grâce à l’investissement des gens. Ce soutien nous permet de former des chercheurs, de soutenir le personnel, d’acquérir de l’équipement, de recruter des participants et de mener à bien nos travaux. Mais ce don dépasse largement le cadre du laboratoire. En fin de compte, c’est un don pour les personnes aux prises avec la dépression. Chaque investissement dans la recherche leur envoie un message : ce que vous vivez est réel, a de l’importance, et mérite d’être compris. Il signifie que nous n’avons pas simplement accepté la dépression comme une épreuve qu’ils doivent endurer. Nous nous efforçons de mieux comprendre cette maladie, de la prévenir et de la traiter plus efficacement. C’est un message d’espoir, et je trouve qu’il est extrêmement puissant. »
-Dr. Anthony Gifuni


« À la fondation, c’est exactement le genre de recherche que nous avons à cœur de financer. La dépression peut être invisible, surtout chez les jeunes, et bien trop souvent, on ne se rend compte du danger que lorsque la personne est déjà en situation de crise. Les travaux de recherche du Dr Anthony Gifuni à l’Institut Douglas sont vraiment formidables. La Erika Legacy Foundation estime que l’avenir de la santé mentale réside dans cette façon de combiner science, recherche et technologie pour favoriser un dépistage plus précoce, de meilleures perspectives, des traitements plus personnalisés et, en fin de compte, la prévention. Des travaux comme ceux-ci nous permettent de repérer les signes avant-coureurs qui passeraient autrement sous le radar, et, éventuellement, d’intervenir avant qu’une vie ne soit perdue. » 
-Chris Maksylewicz, directeur général de la Erika Legacy Foundation.

N’hésitez pas à demander de l’aide. Si l’anxiété est persistante, envahissante ou nuit à votre fonctionnement au quotidien, parlez-en à un professionnel de la santé. Des traitements efficaces, notamment la psychothérapie et les médicaments, sont offerts.

Si vous ou l’un de vos proches avez des pensées suicidaires, composez ou textez le 9-8-8.


Sources de financement

Le programme Futurs leaders canadiens de la recherche sur le cerveau est rendu possible grâce à un don pivot de la Fondation Azrieli, auquel s’ajoute un don équivalent de Brain Canada par l’entremise du Fonds canadien de recherche sur le cerveau (FCRC), issu d’une entente novatrice entre le gouvernement du Canada (Santé Canada) et Brain Canada, ainsi que le soutien d’autres généreux donateurs et partenaires.

Pour en savoir plus sur les recherches du Dr Gifuni, veuillez consulter notre répertoire de projets.