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Vers un traitement de la maladie de Huntington

Groupe de cellules exprimant la huntingtine mutante (en rouge) in vitro. Les ponctuations jaunes sont des agrégats de huntingtine mutante et de p62, une protéine impliquée dans l'élimination des agrégats de protéines.

La maladie de Huntington (MH) est une maladie héréditaire qui entraîne un dysfonctionnement progressif et la mort des parties du cerveau qui contrôlent les mouvements, le raisonnement et les émotions. Les patients atteints de la maladie de Huntington souffrent également de dépression et de changements de personnalité. Les symptômes progressent régulièrement jusqu'à ce que les patients ne puissent plus mener une vie normale et finissent par mourir. Il n'existe pas de traitement curatif de la MH. À ce jour, s'il existe des traitements pour contrôler les symptômes, il n'existe pas de thérapies qui retardent ou arrêtent la progression de la maladie. Il est urgent de mettre au point des traitements modificateurs de la maladie.

La cause de la MH est connue : les personnes atteintes ont une protéine mutée appelée huntingtine qui devient toxique. L'une des raisons pour lesquelles la huntingtine mutée est toxique est qu'elle entraîne une production insuffisante par le cerveau d'une molécule appelée GM1 (un type de ganglioside) qui est importante pour le bon fonctionnement du cerveau. L'administration d'un supplément de GM1 à des souris modèles de la maladie de Huntington améliore considérablement les symptômes de la maladie et ralentit le processus neurodégénératif sous-jacent. Cela suggère que le GM1 pourrait être un traitement potentiel de la maladie de Huntington. Des recherches antérieures menées par Simonetta Sipione ont montré que l'administration de GM1 à des modèles animaux de la maladie d'Alzheimer améliorait les symptômes et ralentissait la neurodégénérescence, mais les mécanismes sous-jacents ne sont pas encore clairs.

Dans le cadre de ce projet, le Dr Sipione et son équipe poursuivront leurs travaux sur les gliosides gan, faisant progresser leurs connaissances en vue d'un traitement potentiel de la maladie de Huntington. Leur objectif est d'identifier les mécanismes d'action des gangliosides administrés à des fins thérapeutiques, de mesurer les gangliosides dans des échantillons humains et de déterminer leur rôle potentiel en tant que biomarqueurs de la progression de la maladie de Huntington. Dans l'ensemble, ces travaux permettront de mieux comprendre les mécanismes d'action du GM1 dans la MH et d'accélérer le développement de thérapies à base de gangliosides pour la MH.

L'équipe multidisciplinaire constituée pour ce projet comprend trois scientifiques biomédicaux et trois cliniciens de l'Alberta et du Québec ayant de l'expérience dans la neurobiologie de la MH, la neurologie clinique, la biologie et la biochimie des gangliosides et des lipides et la protéomique quantitative. Les patients atteints de la maladie d'Alzheimer et leurs familles sont des partenaires essentiels de ce projet en tant que participants volontaires qui fourniront des échantillons et des données pour les deux objectifs. Cette recherche passionnante ouvrira la voie à un essai clinique chez les patients atteints de la maladie de Huntington.


"Nous pensons que notre recherche aura des implications importantes non seulement pour la MH, mais aussi pour d'autres maladies cérébrales dans lesquelles les gangliosides sont impliqués, y compris la maladie de Parkinson"

Simonetta Sipione, Ph.D. Professeur associé, Université de l'Alberta