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Comment un nouveau traitement expérimental de la SLA se comporte-t-il dans l'organisme ?

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Dr. Eran Hornstein (à gauche) avec Dr. Angela Genge

Un essai clinique évalue le médicament enoxacine comme option thérapeutique pour la SLA, des études complémentaires soutenues par la subvention à la découverte

"Idéalement, un jour, les résultats de nos travaux nous permettront de fournir un nouveau remède aux patients souffrant de la SLA

Dr. Eran Hornstein

Un partenariat international de recherche entre le Canada et Israël prend des mesures importantes pour déterminer si un médicament connu pourrait devenir un traitement viable pour les personnes atteintes de la SLA.

Récemment, en utilisant un modèle de souris, le Dr Eran Hornstein, de l'Institut Weizmann des sciences en Israël, a montré que l'antibiotique énoxacine est prometteur pour corriger un dysfonctionnement connu pour contribuer au développement de la SLA. Aujourd'hui, son équipe s'associe à des collègues du Neuro (Institut Neurologique de Montréal-Hôpital) pour passer à l'étape suivante, à savoir un essai clinique à l'unité de recherche clinique du Neuro, qui examine le comportement de la thérapie chez les patients humains.

Un financement crucial récemment accordé par le biais d'une subvention à la découverte 2020 de SLA Canada-Cerveau Canada permettra à l'équipe d'effectuer des analyses plus approfondies afin de mieux évaluer la valeur de l'énoxacine dans le traitement de la SLA.

LE CONTEXTE : UNE ÉQUIPE ISRAÉLIENNE INFLUENCE UNE VOIE PROBLÉMATIQUE

Chez les personnes en bonne santé, des molécules appelées microARN aident à contrôler les types et les quantités de protéines produites par les cellules. Lorsque les microARN ne sont pas correctement régulés, il peut en résulter un dysfonctionnement neuronal important et la mort cellulaire, ce qui peut provoquer des troubles neurodégénératifs, dont la SLA.

Dans ses travaux précliniques sur des modèles de souris, le Dr Eran Hornstein a utilisé l'énoxacine pour cibler la voie DICER, qui favorise une régulation saine du microARN. Il a été démontré que cette voie n'est pas suffisamment performante chez les patients atteints de SLA, ce qui entraîne une réduction des niveaux de microARN. Le groupe de Hornstein a pu montrer que l'énoxacine avait le potentiel de stimuler la voie défectueuse et d'inverser la réduction du microARN dans les motoneurones observée chez les patients atteints de SLA.

Il reste encore beaucoup de travail à faire, et Hornstein est impatient de continuer. Selon lui, la prochaine étape consistera à s'assurer que le médicament est sûr et efficace pour l'homme.

UN PARTENARIAT INTERNATIONAL AMBITIEUX

À la suite de sa découverte initiale, des collègues européens ont encouragé M. Hornstein à contacter le Dr Angela Genge, qu'il considérait comme une collaboratrice idéale pour faire avancer le projet sur l'énoxacine. Genge est directrice de l'unité de recherche clinique et du centre d'excellence pour la recherche sur la SLA au Neuro, où se trouve une unité de phase 1 pour les essais cliniques neurologiques, créée à l'origine spécifiquement pour les travaux sur la SLA.

"Cette unité du Neuro est réputée pour sa capacité à mener des essais cliniques internationaux de grande qualité sur la SLA, à toutes les phases", souligne M. Genge. "Il s'agit vraiment d'un effort de collaboration", ajoute-t-elle. "Le financement de Brain Canada et d'ALS Canada permet d'effectuer des travaux translationnels supplémentaires dans le cadre de cet essai clinique, ce qui nous permet de déterminer l'engagement de la cible ; en clair, cela signifie que nous voulons prouver que le médicament fait ce que nous pensons qu'il fait pour les patients, c'est-à-dire augmenter les niveaux de microARN

Dans le cadre de l'essai clinique, 36 patients reçoivent chacun trois doses d'énoxacine et leur sécurité est évaluée, tandis que le mouvement et les mécanismes du médicament dans l'organisme sont mesurés à partir d'échantillons de sang et de liquide céphalo-rachidien. Les chercheurs espèrent constater que le médicament est correctement distribué dans l'organisme de leurs patients et qu'il s'engage correctement dans la voie ciblée, explique Hornstein. "Idéalement, un jour, les résultats de nos travaux nous permettront de fournir un nouveau remède aux patients souffrant de la SLA", ajoute-t-il.

Un financement qui fait la différence

Le programme de subventions à la découverte rend ces connexions possibles grâce à un modèle de financement qui favorise la collaboration interdisciplinaire, réunissant les meilleurs esprits pour s'attaquer à des problèmes complexes. Les subventions à la découverte donnent aux nouvelles idées prometteuses le carburant dont elles ont besoin pour prendre de l'ampleur ; en 2021, jusqu'à huit projets bénéficieront d'un financement total de 1 million de dollars.

Depuis 2014, le partenariat entre ALS Canada et Brain Canada a permis d'investir plus de 23 millions de dollars dans la recherche de pointe sur la SLA, ce qui a contribué à faire progresser la compréhension de la maladie. Le Programme de subventions à la découverte est conçu pour stimuler l'innovation qui accélérera notre compréhension de la SLA, identifiera des voies pour de futures thérapies et optimisera les soins afin d'améliorer la qualité de vie des personnes et des familles touchées par cette maladie dévastatrice.

Le Programme de subventions à la découverte a été rendu possible par Brain Canada, par l'entremise du Fonds canadien de recherche sur le cerveau (avec le soutien financier de Santé Canada) et grâce à la générosité des sociétés provinciales de la SLA, des donateurs de SLA Canada et des efforts communautaires, y compris 40 pour cent des recettes nettes de la Marche pour vaincre la SLA.

AMÉLIORER L'ESSAI CLINIQUE AU CANADA

La subvention à la découverte a donné aux chercheurs la capacité d'améliorer leur essai, en posant des questions supplémentaires qui ajouteront à sa valeur et à son impact. Le financement permet à Genge et Hornstein d'élargir la portée de leur projet : outre l'examen de la sécurité et de l'efficacité de l'énoxacine chez les sujets humains, ils auront désormais la possibilité d'évaluer l'interaction du médicament avec d'autres thérapies, telles que le riluzole, que les patients peuvent prendre. Leurs équipes pourront également étendre leur attention à la question des biomarqueurs, en évaluant la lumière du neurofilament et le microARN comme des mesures de référence fiables pour évaluer l'efficacité des traitements de la SLA.

SOUTENIR LA COLLABORATION POUR UN MEILLEUR AVENIR

L'essai clinique entre Hornstein et Genge est en cours : "Ce partenariat est prometteur", déclare Hornstein, "parce que le Dr Genge est un professionnel exceptionnel et qu'il dirige une équipe de spécialistes hors pair ; nous leur faisons entièrement confiance"

Les organisations à l'origine du programme de subventions à la découverte sont également enthousiastes à l'idée de soutenir cette collaboration prometteuse. "Notre subvention à la découverte ajoute une dimension précieuse à cet essai et augmentera ses résultats de manière significative, garantissant que ces chercheurs talentueux puissent obtenir les meilleurs résultats possibles de cette étude prometteuse", déclare le Dr David Taylor, vice-président de la recherche à la Société canadienne de la SLA.

"Le Programme de subventions à la découverte aide à réunir des équipes uniques afin d'accélérer les percées scientifiques ", a déclaré la Dre Viviane Poupon, présidente-directrice générale de Brain Canada. "Brain Canada est fier de soutenir la recherche qui réunit des chercheurs talentueux à l'échelle internationale, afin de tester des idées nouvelles et prometteuses pour le bénéfice des patients atteints de la SLA - ce qui, en fin de compte, contribuera à créer un avenir sans SLA

L'équipe REALS tient à remercier ses partenaires d'Apotex Inc. et de Weizmann Canada, ainsi que ses bailleurs de fonds de Brain Canada, d'ALS Canada, de Dystrophie musculaire Canada, des IRSC, du FRSQ et d'E-Rare pour leur aide.