Diagnostiquer l'autisme chez les plus jeunes
Plus d'une personne sur cent est atteinte d'un trouble du spectre autistique (TSA), ce qui a de profondes répercussions sur la qualité de vie des personnes concernées et de leurs familles. De nombreux parents d'enfants atteints de TSA identifient des problèmes dès l'âge de 12 à 18 mois, mais l'âge moyen du diagnostic reste d'environ quatre ans. Les enfants qui reçoivent un diagnostic précoce de TSA peuvent bénéficier d'un nombre croissant d'interventions fondées sur des données probantes. Il est également prouvé qu'un diagnostic et un traitement précoces de l'autisme se traduisent par de meilleurs résultats à long terme pour les enfants et les familles, et réduisent les coûts sociétaux ultimes liés au traitement.
Au cours de la dernière décennie, des études sur les nourrissons à haut risque - les frères et sœurs plus jeunes des enfants atteints de TSA - ont révolutionné le domaine, nous amenant au seuil d'un diagnostic et d'un traitement plus précoces. Les membres de cette équipe internationale sont des chercheurs du Canada, du Royaume-Uni et d'Israël qui ont été à la pointe de la recherche sur cette cohorte à haut risque de "petits frères et sœurs" et qui, pour ce projet particulier, développent des recherches antérieures sur le développement précoce des TSA.
Ils étudient la façon dont les nourrissons à risque dirigent leur attention et régulent leurs émotions, et comment cela est lié à leur capacité à communiquer et à interagir avec les autres. Ils pensent que ces relations peuvent aider à comprendre l'expression précoce des TSA. Leur projet de recherche se compose de deux projets connexes.
Dans le premier projet (auquel participent les équipes canadienne et israélienne), ils examineront la souplesse avec laquelle les nourrissons déplacent leur attention d'un objet intéressant à un autre et l'influence de ce déplacement sur leurs réactions dans des situations qui suscitent des émotions positives ou négatives. Les nourrissons qui ont des difficultés à déplacer leur attention visuelle peuvent également rester "bloqués" sur des émotions intenses, ce qui peut nuire à leur capacité d'interagir et de communiquer avec les autres, d'où un risque accru de TSA. Dans le cadre du second projet, ils vérifieront si le fait d'apprendre aux nourrissons à devenir plus souples dans le déplacement de leur attention (à l'aide de jeux informatiques mis au point par l'équipe britannique) leur permet de bénéficier davantage des autres interventions mises au point par les équipes canadienne et britannique. L'équipe vient de terminer la première année de sa subvention.
Les progrès se sont principalement concentrés sur la préparation de l'équipe de recherche testant de nouvelles technologies pour l'essai d'intervention à domicile, sur la collaboration avec les partenaires internationaux pour apprendre les nouvelles approches d'intervention qui, selon eux, optimiseront les avantages pour les nourrissons présentant des signes précoces de TSA, et sur l'engagement avec les partenaires communautaires pour commencer le processus visant à garantir que les résultats de leur recherche seront finalement incorporés dans la pratique clinique.
Ils ont également commencé les activités de collecte de données pour leur étude de détection précoce, ainsi que pour l'essai d'intervention. Les prochaines étapes consistent à accélérer le recrutement dans les deux études afin d'atteindre leur objectif ultime, à savoir cartographier les voies de développement précoce du risque de TSA et comprendre comment ces voies peuvent être ciblées pour améliorer les interventions auprès des enfants présentant des signes précoces de TSA. Sur la base des résultats de cette recherche, ils formeront les professionnels de la santé à mieux identifier les premiers signes de TSA et travailleront avec des partenaires communautaires pour mettre en œuvre de nouvelles interventions afin d'aider ces enfants à réaliser leur potentiel.
" La collaboration avec nos partenaires internationaux a été essentielle pour les aspects innovants de ce programme de recherche. "
Lonnie Zwaigenbaum, M.D. Université de l'Alberta