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Sensation d'instinct : Deux avancées dans la compréhension de la maladie de Parkinson et de son évolution dans l'organisme

Impact de la recherche

Les chercheurs du laboratoire Trudeau.

En parcourant les rapports annuels de Brain Canada, vous apercevrez le visage familier du Dr Louis-Éric Trudeau. Le Dr Trudeau a dirigé l'une des cinq équipes sélectionnées dans le cadre du Programme de régénération du cerveau, lancé en 2003, afin de poursuivre des idées novatrices qui changent le paradigme. Son équipe a réalisé deux percées. Elle a déterminé le rôle des gènes associés au développement de la maladie de Parkinson et découvert que les cellules cérébrales responsables de la maladie de Parkinson meurent parce qu'elles ont besoin de trop d'énergie et qu'elles "surchauffent" d'une certaine manière en raison du stress oxydatif.

"Le programme de régénération du cerveau m'a mis en contact avec des personnes qui étudiaient les maladies sous un angle différent", a déclaré le Dr Trudeau. "Il a joué un rôle déterminant dans mon développement professionnel et je pense que pour un nouveau scientifique qui débute au Canada, le fait d'avoir accès à des subventions d'équipe changera le cours de sa carrière. La façon de progresser et d'aller plus vite est de travailler en équipe. C'est un programme unique que Brain Canada a mis en place, il n'y a pas de programme équivalent pour les équipes de neurosciences au Canada à l'heure actuelle"

C'est dans ce même laboratoire Trudeau, niché à l'Université de Montréal, que le Dr Trudeau et son équipe ont fait ce que Québec Science a qualifié de l'une des dix découvertes scientifiques de 2019. Une découverte réalisée en partie grâce au soutien de Cerveau Canada et de ses partenaires.

" Le cerveau est lié au corps de bien des façons. Il est très logique d'étudier les interactions entre l'intestin, le cerveau et le système nerveux périphérique. Notre objectif est d'examiner comment le système immunitaire peut déclencher un mécanisme de maladie auto-immune dans l'intestin", explique le Dr Trudeau.

Les résultats de la recherche, publiés dans Nature, montrent que, dans un modèle de souris, une infection intestinale peut conduire à une pathologie ressemblant à la maladie de Parkinson. Une infection intestinale chez un animal prédisposé à la maladie de Parkinson suffit parfois à transformer les neurones en cibles pour le système immunitaire, entraînant les symptômes de la maladie. Ces résultats permettent de mieux comprendre la maladie de Parkinson et sa progression dans l'organisme, ce qui pourrait faciliter sa détection et, à terme, son traitement.