Brain Canada et la FRDJ financent trois projets de recherche novateurs visant à résoudre les problèmes de santé mentale liés au diabète de type 1
L'été dernier, Brain Canada et la FRDJ ont officiellement lancé les subventions d'équipe de la FRDJ Canada et de Brain Canada pour lutter contre la santé mentale chez les personnes atteintes de diabète de type 1, un programme unique qui soutient la recherche sur les interventions visant à résoudre les problèmes de santé mentale chez les personnes atteintes de diabète de type 1 (DT1).
Vivre avec une maladie chronique comme le diabète est difficile. En raison du fardeau que représente la gestion du diabète, les personnes atteintes de DT1 courent un risque accru de développer des troubles mentaux tels que la dépression, l'anxiété, les idées suicidaires, les troubles de l'alimentation et la détresse liée au diabète, un terme validé cliniquement qui décrit l'impuissance, le stress, la culpabilité, l'inquiétude incessante et le déni qui accompagnent la vie avec le diabète et le fardeau que représente l'autogestion de la maladie. Nous savons que les personnes atteintes de DT1 qui développent des troubles mentaux, en particulier la dépression et la détresse liée au diabète, ont une moins bonne qualité de vie, un moins bon contrôle de la glycémie (c'est-à-dire une HbA1c plus élevée), mesurent moins souvent leur glycémie, souffrent plus fréquemment d'hypoglycémie et d'acidocétose diabétique, et sont plus souvent hospitalisées. À l'inverse, la résilience, la responsabilisation, un bon réseau de soutien et le bien-être sont liés à une qualité de vie et à des résultats sanitaires élevés chez les personnes atteintes de T1D.
La santé mentale est rarement un aspect central de la gestion quotidienne du diabète et les problèmes restent souvent non identifiés ou non traités jusqu'à ce qu'ils deviennent graves et difficiles à gérer. Bien que l'on sache que les interventions en santé mentale améliorent la qualité de vie et les résultats pour certaines personnes atteintes de diabète, peu d'entre elles sont régulièrement mises en œuvre dans le cadre des soins habituels.
Les subventions de l'équipe de la FRDJ Canada - Brain Canada Addressing Mental Health in Type 1 Diabetes offrent jusqu'à 250 000 $ sur deux ans pour financer le développement et la mise à l'essai de trois projets durables et évolutifs qui visent à améliorer le soutien aux personnes au Canada qui vivent avec le diabète de type 1 et qui sont touchées par des troubles de santé mentale. Ces stratégies pourraient se traduire par une meilleure qualité de vie et des résultats sanitaires liés au diabète pour les personnes atteintes de DT1.
En savoir plus sur les trois projets :
Dr. Tricia Tang
Utilisation d'une plateforme de soins virtuels pour fournir un soutien à la santé mentale par les pairs dans les communautés rurales et éloignées de la Colombie-Britannique : Essai contrôlé randomisé sur liste d'attente de l'intervention REACHOUT
La docteure Tang et son équipe de l'université de la Colombie-Britannique utiliseront une plateforme de soins virtuels pour offrir un soutien en santé mentale dirigé par des pairs aux collectivités rurales et éloignées de la Colombie-Britannique, grâce à une intervention appelée REACHOUT, créée grâce à une subvention antérieure de la FRDJ.
En raison de la pénurie de professionnels de la santé mentale formés au DT1, les adultes vivant dans les régions rurales et éloignées éprouvent les plus grandes difficultés à accéder aux services dont ils ont besoin. Cette lacune dans les soins de santé est la raison pour laquelle la Colombie-Britannique a désigné les " soins de santé mentale " et les " services de soins de santé en milieu rural et éloigné " comme deux des cinq priorités provinciales en matière de soins de santé. L'équipe du Dr Tang s'efforcera de relever trois défis en matière de soins du diabète en Colombie-Britannique : la disponibilité, l'accessibilité financière et l'accessibilité du soutien à la santé mentale pour les adultes atteints de T1D vivant dans des environnements aux ressources limitées.
Il a été démontré que le soutien par les pairs est une approche viable et peu coûteuse du soutien à l'autogestion à long terme. En outre, il a été constaté que les interventions faisant appel à la technologie (par exemple, les plateformes de santé numérique) améliorent la santé mentale et émotionnelle. Ainsi, les modèles qui s'appuient à la fois sur le soutien par les pairs et les stratégies de santé numérique peuvent s'avérer prometteurs pour réduire les disparités en matière de soins de santé.
REACHOUT est une application mobile développée en collaboration avec des adultes atteints de T1D, des psychologues cliniciens, des ingénieurs biomédicaux, des spécialistes du comportement et des experts en santé rurale. REACHOUT utilise la technologie de la santé numérique pour "conduire" le soutien à la santé mentale vers les personnes atteintes de T1D qui en ont le plus besoin. En cas de succès, cette approche innovante, qui vise à atteindre les personnes "difficiles à atteindre", pourra être adaptée aux enfants, adolescents et jeunes adultes atteints de DT1 en Colombie-Britannique et dans tout le Canada.
Dr. Peter Selby
Soins complets fondés sur la technologie pour les jeunes adultes atteints de diabète de type 1 (T1D) et souffrant de détresse liée au diabète
Le Dr Selby et son équipe du Centre de toxicomanie et de santé mentale de Toronto réunissent des experts en santé mentale et en traitement du diabète de type 1 avec des personnes ayant vécu le diabète de type 1 afin de mettre au point une solution à la détresse liée au diabète qui soit accessible et acceptable pour les personnes atteintes de diabète de type 1, leurs soignants et les professionnels de la santé. Le programme s'adresse aux jeunes adultes âgés de 18 à 29 ans, un groupe disproportionnellement vulnérable à la détresse liée au diabète. La voix du patient sera centrale tout au long du projet, depuis l'élaboration de la proposition jusqu'à la mise au point de la solution.
Ce projet adapte des méthodes éprouvées de gestion de la détresse liée au diabète à un format virtuel (en utilisant le chat vidéo, les appels téléphoniques et la messagerie texte) soutenu et dirigé par des experts en santé mentale et en T1D, tirant ainsi parti de la culture numérique de cette population et augmentant l'accessibilité au traitement. Les participants seront invités à participer au programme qui comprendra 8 séances programmées, complétées par le soutien d'un coach de soins et/ou de pairs.
L'évaluation de l'intervention portera sur la faisabilité et l'acceptabilité du programme ainsi que sur son efficacité à réduire la détresse liée au diabète. L'impact sur l'autogestion du diabète, la glycémie globale et les épisodes d'hypoglycémie sera également mesuré.
La FRDJ s'est engagée à soutenir et à créer un cadre holistique de traitement et de soins de santé mentale pour toutes les personnes au Canada qui vivent avec le DT1. Son soutien à ce projet est un autre pas dans cette direction.
Dr. Marie-Eve Robinson
Enseigner l'autocompassion aux adolescents atteints de diabète de type 1 (TADS) pour réduire la détresse liée au diabète : Un essai contrôlé randomisé
L'autocompassion est une pratique qui consiste à agir de la même manière avec soi-même qu'avec ses amis et ses proches, et à faire preuve de gentillesse et de compréhension à son égard. L'auto-compassion étant une compétence qui peut être enseignée, l'équipe pense qu'elle pourrait être une stratégie pour améliorer les problèmes de santé mentale chez les jeunes atteints de T1D, comme la détresse liée au diabète.
L'objectif de l'étude est d'évaluer l'efficacité d'un programme d'autocompassion en pleine conscience sur l'amélioration de la détresse liée au diabète chez les jeunes âgés de 12 à 17 ans atteints de T1D. Le programme d'autocompassion consciente consistera en des séances/ateliers virtuels hebdomadaires d'une heure et demie pendant 8 semaines, dirigés par un animateur formé. Il couvrira une variété de pratiques d'auto-compassion, telles que la gestion des émotions difficiles et le développement d'une voix intérieure bienveillante.
L'équipe prévoit que les symptômes d'anxiété, de dépression, de troubles de l'alimentation et d'idées suicidaires seront plus faibles dans le groupe de l'auto-compassion attentive que dans le groupe de contrôle. Cette étude a le potentiel de réduire la détresse liée au diabète, le problème de santé mentale le plus courant chez les jeunes atteints de T1D, en augmentant leur auto-compassion. En fin de compte, l'équipe prévoit préconiser l'inclusion de tels programmes dans les soins courants offerts aux jeunes du Canada, ce qui aurait une incidence directe sur leur santé mentale et le contrôle de leur glycémie.
Les subventions de l'équipe JDRF Canada - Brain Canada Addressing Mental Health in Type 1 Diabetes ont été rendues possibles grâce au Fonds canadien de recherche sur le cerveau (FCRC), une entente novatrice entre le gouvernement du Canada (par l'entremise de Santé Canada), Brain Canada et la FRDJ Canada.