Des scientifiques de l'UBC créent une protéine pour bloquer les envies de dépendance. La recherche montre pour la première fois comment "bloquer" la mémoire
Vancouver, B.C. - 24 novembre 2005 - Une équipe de chercheurs de l'Université de la Colombie-Britannique a trouvé un moyen de bloquer la communication entre les cellules du cerveau qui déclenche les envies de drogue, une découverte qui pourrait conduire à de nouvelles thérapies pour traiter la dépendance et la rechute ainsi que les comportements compulsifs associés à la schizophrénie.
Cette percée a été rendue possible grâce à une subvention d'équipe de 1,5 million de dollars du Programme de régénération du cerveau de NeuroScience Canada, qui a permis à cinq scientifiques de tout le Canada de se joindre à leurs laboratoires et d'accélérer leurs recherches. Deux des membres de cette équipe ont dirigé les travaux au Brain Research Centre de l'hôpital UBC.
Anthony Phillips et Yu Tian Wang ont créé un peptide - ou fragment de protéine - qui, dans des modèles animaux, peut bloquer des messagers chimiques spécifiques qui rappellent la réponse de l'organisme aux drogues stimulantes, telles que les amphétamines et la cocaïne. Lorsque la communication chimique est perturbée, le cerveau "oublie" l'expérience précédente de la drogue et les envies, ou pulsions de renouveler la sensation de drogue, sont réduites ou éliminées.
L'échange de messages chimiques dans le cerveau est appelé fonction synaptique. La recherche de l'UBC révèle, pour la première fois, le mécanisme de la fonction synaptique liée à la mémoire. Les résultats sont publiés dans le numéro du 25 novembre de la revue Science.
"Nous disposons désormais d'un modèle pour reprogrammer la communication entre les cellules du cerveau. Il s'agit d'une découverte fondamentale qui promet une approche entièrement nouvelle du traitement de la dépendance et des comportements compulsifs"
Dr Anthony Phillips, directeur de l'Institut de santé mentale de l'UBC et membre du Centre de recherche sur le cerveau de l'hôpital de l'UBC
"Le peptide que nous avons créé agit d'une manière très spécifique pour bloquer l'apprentissage induit par les médicaments sans effets secondaires sur d'autres formes d'apprentissage, de mémoire ou de physiologie fondamentale
Yu Tian Wang, professeur de neurologie à l'UBC, membre du Centre de recherche sur le cerveau de l'hôpital de l'UBC et chef de l'équipe du Programme de régénération du cerveau
Les chercheurs estiment que le peptide sera prêt pour le développement de médicaments thérapeutiques d'ici deux ans.
"Cette recherche représente une étape cruciale dans le développement de thérapies pour le traitement des troubles compulsifs et peut-être même l'éradication de la toxicomanie, un fardeau coûteux pour notre société. Les maladies, troubles et lésions du cerveau, de la moelle épinière et du système nerveux, y compris la toxicomanie, coûtent ensemble à l'économie canadienne plus de 30 milliards de dollars chaque année, mais malgré l'ampleur du problème, la recherche en neurosciences, avec seulement 100 millions de dollars en subventions de fonctionnement au Canada chaque année, est encore grandement sous-financée dans ce pays"
L'honorable Michael H. Wilson, président de NeuroScience Canada, un organisme national de coordination de la recherche en neurosciences, dont le Programme de régénération du cerveau a contribué à soutenir cette recherche
Il existe plus de 1 000 maladies, troubles et lésions du cerveau, de la moelle épinière et du système nerveux. Il s'agit notamment des maladies d'Alzheimer et de Parkinson, de la sclérose en plaques, des douleurs chroniques, de l'autisme, de la schizophrénie, de la dépression, de la toxicomanie, des tumeurs cérébrales et des lésions de la moelle épinière.
Dix millions de Canadiens de tous âges - soit un sur trois - seront touchés par une maladie, un trouble ou une lésion du cerveau, de la moelle épinière ou du système nerveux. Cinquante pour cent des Canadiens, soit environ 15 millions de personnes, ont vu leur famille touchée par une maladie cérébrale. D'après les données de Santé Canada, le fardeau économique de ces troubles est prudemment estimé à 14 % du fardeau total de la maladie, soit 22,7 milliards de dollars par an ; toutefois, si l'on inclut l'invalidité, le fardeau économique atteint 38 % ou plus, d'après l'Organisation mondiale de la santé.
Selon Statistique Canada, un Canadien sur dix âgé de 15 ans et plus, soit environ 2,6 millions de personnes, a déclaré en 2002 des symptômes correspondant à une dépendance à l'alcool ou aux drogues illicites. La dépendance aux substances a de graves conséquences médicales et économiques, avec une morbidité plus élevée et une espérance de vie plus courte que celle de la population générale, en raison notamment d'un plus grand nombre de maladies chroniques, de blessures et de tentatives de suicide.
Fondé en 1988, NeuroScience Canada est l'organisme-cadre et le porte-parole des neurosciences au Canada. En établissant des partenariats avec les secteurs public, privé et bénévole, NeuroScience Canada relie les connaissances et les ressources disponibles dans ce domaine afin d'accélérer la recherche et le financement en neurosciences et de maximiser le rendement des scientifiques et des chercheurs canadiens de calibre mondial. La mission du Programme de régénération du cerveau de NeuroScience Canada est d'accélérer la recherche en neurosciences afin de mettre au point des traitements et des thérapies plus rapidement. Dr Wang et Dr Phillips sont deux membres de l'équipe de cinq personnes dont les autres membres sont Dr Alaa El-Husseini, Brain Research Centre, University of British Columbia, Vancouver, Colombie-Britannique ; Dr Stephen Ferguson, Robarts Research Institute, London, Ontario ; et Dr Ridha Joober, Centre de recherche de l'Hôpital Douglas, Montréal, Québec. NeuroScience Canada et ses donateurs et partenaires ont déjà investi 4,5 millions $, par l'entremise du Programme de régénération du cerveau, dans des équipes qui effectuent des percées dans le domaine de la réparation du cerveau, y compris 1,5 million $ à l'équipe dirigée par le Dr Yu Tian Wang. L'objectif du Programme de régénération du cerveau est de financer initialement cinq équipes, pour un investissement total de 8 millions de dollars.
Le Brain Research Centre est un partenariat entre l'UBC et le Vancouver Coastal Health Research Institute, l'organisme de recherche de l'autorité sanitaire.
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