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L'incroyable pouvoir de la neuroplasticité

Impact de la recherche

Après un accident vasculaire cérébral qui a affaibli son côté gauche, Stéphane Rouleau dit avoir dormi presque sans arrêt pendant près d'un an. Aujourd'hui, il est très attentif à son alimentation et à sa forme physique pour favoriser son rétablissement.

Stéphane Rouleau était un ultramarathonien et un vététiste avec un potentiel olympique.

Il avait subi quelques commotions cérébrales par le passé - à chaque fois, le médecin lui faisait signer un formulaire promettant qu'il achèterait un nouveau casque, puis il s'endormait. Puis, un soir, Rouleau s'est évanoui alors qu'il était assis dans sa voiture après un premier rendez-vous.

"J'étais une machine à cardio et, curieusement, j'ai eu un accident vasculaire cérébral", raconte Stéphane.

L'accident a été causé par une dissection de la carotide, la cause la plus fréquente d'accident vasculaire cérébral chez les personnes de moins de 50 ans. C'était suffisamment grave pour qu'on lui dise qu'il ne marcherait plus jamais.

Mais Stéphane était déterminé. Il a travaillé avec un kinésithérapeute et a fini par retrouver sa capacité à marcher. Un peu plus d'un an plus tard, il était de retour au travail.

Stéphane s'est remarquablement rétabli, mais cela n'a pas été facile. La première année, il a dormi presque sans arrêt. Quatre ans et demi après l'accident vasculaire cérébral, il souffre toujours de troubles de la mémoire et d'une atrophie musculaire du côté gauche. Il souffre également d'une déficience visuelle importante, ce qui signifie qu'il doit passer un test annuel pour conserver son permis de conduire - un test qui le rend de plus en plus anxieux, car il vit dans une petite ville, Paris (Ontario), qui dispose de peu de moyens de transport.

Et bien sûr, il doit protéger sa tête, ce qui signifie qu'il ne doit plus pratiquer de sports à haut risque. Bien que son mode de vie intense lui manque, Stéphane se sent "plus sain, plus intelligent, plus sage et meilleur" depuis son accident vasculaire cérébral.

"J'avais l'habitude de prendre des risques insensés", dit-il, se décrivant comme un chasseur d'adrénaline et un bourreau de travail.

"L'AVC m'a fait comprendre que je n'avais qu'une seule vie à vivre. Je dois en prendre soin. Car si je ne suis pas là pour moi, comment pourrais-je être là pour les autres ?

Il attribue la réussite de son rétablissement à l'attention qu'il a portée à sa santé et à sa nutrition, à sa condition physique avant sa blessure et à un ingrédient clé : la neuroplasticité, c'est-à-dire la capacité du cerveau à repousser de nouvelles voies pour compenser les cellules endommagées ou perdues. Il fut un temps où l'on pensait que les cerveaux adultes étaient stagnants. Aujourd'hui, nous savons que ce n'est pas le cas, ce qui offre un espoir incroyable aux patients victimes de traumatismes crâniens, même si les recherches dans ce domaine sont encore peu nombreuses.

Ceci est particulièrement remarquable dans le cas de Stéphane. Quelque temps après l'accident vasculaire cérébral, un médecin lui a montré une image de son cerveau : une partie de l'hémisphère droit avait disparu. Son cerveau avait trouvé le moyen de contourner la partie perdue pour retrouver ses fonctions.

"J'aimerais que les autres survivants sachent qu'il y a de l'espoir", dit-il. "Il y a une autre vie après la blessure