Passer au contenu principal

L'intégration des jeunes dans la santé mentale : Du symbole à la structure

Histoires de communautés

Par Vidhi Desai

Lorsque j'ai assisté au Forum des jeunes 2025 de l'ECOSOC, j'ai été frappée par le fait que les jeunes sont souvent présentés comme les futurs dirigeants, alors qu'en fait, nous sommes déjà à la tête de l'action. Dans les domaines de la recherche, du plaidoyer et de la politique, les jeunes façonnent activement les systèmes de santé mentale que nous voulons voir. Ce qu'il nous faut maintenant, c'est que les institutions reconnaissent et soutiennent ce leadership.

Le défi majeur de notre époque est de savoir si nous pouvons construire des systèmes qui reflètent non seulement les besoins du présent, mais aussi les promesses de l'avenir. J'en suis venu à penser qu'aucun cadre, qu'il s'agisse de recherche, de financement ou de politique, ne peut être véritablement tourné vers l'avenir s'il exclut les personnes qu'il est censé servir. Intégrer les jeunes dans ces systèmes n'est pas un geste symbolique, c'est une nécessité stratégique.

À l'ECOSOC, j'ai entendu des jeunes du monde entier réclamer une inclusion plus profonde et plus intentionnelle tout au long de la chaîne de la recherche à la politique. Comme nombre d'entre eux, je souhaite que les jeunes soient engagés non pas en tant que parties prenantes passives, mais en tant que collaborateurs, qu'il s'agisse de définir les questions de recherche, de fixer les priorités de financement, d'interpréter les données ou d'aider à transformer les preuves en actions. Trop souvent, nous sommes les sujets de la recherche et de la politique sans faire partie de la conversation.

Ce qui m'a le plus frappé, c'est la clarté et l'urgence avec lesquelles les jeunes ont articulé notre rôle, non seulement en offrant un retour d'information, mais aussi en façonnant les systèmes de l'intérieur. Nous ne cherchons pas une représentation symbolique. Nous demandons à être intégrés à l'ensemble du processus, de la conception initiale à l'application dans le monde réel. Cela est particulièrement important dans le domaine de la santé mentale, où l'expérience vécue offre des perspectives que les données seules ne peuvent pas saisir.

L'un des rôles les plus importants que je vois jouer aux jeunes est celui de la communication scientifique. Nous aidons à traduire des idées complexes en récits réels et compréhensibles, grâce à l'expérience vécue, aux plateformes numériques et à la narration créative. À une époque de désinformation et de méfiance croissante à l'égard des institutions, nous apportons de nouveaux moyens de relier la recherche aux communautés. Nous ne nous contentons pas d'amplifier les résultats, nous les rendons significatifs et accessibles. Ce travail est essentiel pour construire des systèmes que les gens peuvent réellement comprendre, auxquels ils peuvent faire confiance et qu'ils peuvent utiliser.

L'accent mis sur la traduction et le changement des systèmes était également au premier plan lors du forum 2024 Igniting Hope organisé par Brain Canada, où je me suis jointe à d'autres jeunes, chercheurs et défenseurs pour réimaginer l'avenir de la santé mentale. Un thème clair s'est dégagé : lorsque les jeunes sont impliqués, la recherche est plus pertinente, la communication est plus forte et les solutions sont mieux ancrées.

Mon expérience à l'ECOSOC a confirmé ce que j'ai vu au Canada : les jeunes jouent déjà le rôle de connecteurs, de communicateurs et de cocréateurs. Nous contribuons à combler le fossé entre la recherche et l'expérience vécue, entre les institutions et les communautés qu'elles servent. Nous ne demandons pas un siège à la table, nous construisons de nouvelles tables.

L'opportunité qui s'offre aux financeurs, aux chercheurs et aux responsables du système est de formaliser notre participation. Cela signifie qu'il faut intégrer les jeunes dans les structures décisionnelles, renforcer nos rôles dans l'application des connaissances et soutenir nos contributions en tant qu'éléments essentiels, et non périphériques, du changement des systèmes.

Il ne s'agit pas de faire de la place aux jeunes. Il s'agit de construire avec nous, sur les fondations que nous avons déjà contribué à créer. La prochaine phase d'innovation en matière de santé mentale en dépendra.

Vidhi Desai est une militante reconnue de la santé mentale et une panéliste qui contribue, par ses illustrations, à plusieurs initiatives politiques et de santé mentale des jeunes. Elle est l'illustratrice de plusieurs livres et réalise régulièrement des travaux graphiques pour des organisations à but non lucratif qui s'efforcent d'accroître la sensibilisation à la santé mentale au Canada. En dehors de ces engagements, elle est également directrice de l'IDE pour sa faculté à l'Université de Calgary et directrice de la recherche pour la Table ronde des jeunes Canadiens sur la santé. Vidhi participe aussi régulièrement en tant que panéliste à des organisations pancanadiennes et mondiales qui s'efforcent de mettre en place des partenariats avec les jeunes pour trouver des solutions en matière de santé. Ses efforts en faveur de l'ODD 3 (bonne santé et bien-être) ont été reconnus par le Conseil de coopération mondiale de l'Alberta ( ).