Réunir les meilleurs chercheurs du pays pour améliorer les résultats en matière de démence
Bojana Stefanovic est chercheur principal au Sunnybrook Research Institute à Toronto.
Brain Canada est un fier partenaire du Consortium canadien sur la neurodégénérescence et le vieillissement (CCNA), un effort de collaboration pancanadien visant à faire des progrès dans la compréhension et le traitement de la démence. Le CCNA compte 19 équipes qui étudient divers aspects de la démence, de la science fondamentale aux essais cliniques.
"Le CCNA, avec des partenaires comme Brain Canada, donne au Canada les moyens d'intensifier sa recherche sur la démence", déclare le Dr Howard Chertkow, directeur scientifique du Consortium. "Cela nous donne un plan de haut en bas pour aider à créer des synergies et à rassembler les scientifiques, pour essayer de faire des choses qu'un chercheur individuel ne peut tout simplement pas faire."
En décembre 2020, Brain Canada a accordé une subvention de cinq ans totalisant 2 500 000 $ pour la phase 2 du CCNA, la Société Alzheimer du Canada fournissant des fonds de contrepartie. Le financement de Brain Canada contribue à l'objectif d'une équipe du CCNA d'explorer le rôle de la maladie vasculaire dans la démence, au programme transversal Women, Sex, Gender, and Dementia (WSGD) qui promeut l'inclusion des considérations de sexe et de genre dans toutes les recherches du CCNA, ainsi qu'au soutien de la coordination du réseau.
Explorer les contributions des maladies vasculaires à la démence
Plus de 400 000 Canadiens âgés de plus de 65 ans vivent avec la démence. Les scientifiques financés par Brain Canada se sont engagés à améliorer l'expérience du vieillissement pour des centaines de milliers de Canadiens en acquérant une compréhension plus approfondie de cette maladie dévastatrice.
"L'étiologie de la démence est extrêmement complexe", déclare le Dr Bojana Stefanovic, chercheur principal au Sunnybrook Research Institute de Toronto.
Le Dr Stefanovic codirige une équipe du CCNA qui se consacre à la compréhension et au traitement des contributions vasculaires au risque de démence. Malgré la complexité de la question, elle note que le fait de réunir des scientifiques de tous horizons pour dresser un tableau plus complet du rôle des maladies vasculaires permettra de progresser vers l'identification de traitements de la démence ciblant les causes sous-jacentes de la maladie, et pas seulement les symptômes.
L'un des principaux obstacles à la découverte de traitements et de soins réside dans le fait que, malgré le taux élevé d'occurrence de la maladie, les chercheurs continuent d'en étudier les origines. Selon le Dr Stefanovic, il est essentiel de comprendre le rôle des maladies vasculaires, car elles constituent l'un des principaux facteurs de risque de démence et sont beaucoup plus faciles à étudier, à diagnostiquer et à traiter que la démence elle-même.
L'équipe du Dr Stefanovic travaille sur la modélisation préclinique des maladies vasculaires, afin de comprendre comment les facteurs de risque, tels que l'hypertension artérielle, peuvent entraîner une rigidité artérielle et une réduction du flux sanguin vers le cerveau.
La seconde partie de ce partenariat international, dirigée par le Dr Eric Smith de l'Université de Calgary, adopte une approche clinique, menant des études humaines pour explorer les thérapies possibles pour les patients atteints de démence et de maladie vasculaire. Selon le Dr Stefanovic, l'impact du financement de cette équipe par Brain Canada réside dans la façon dont elle réunit des chercheurs à différents stades du processus de recherche afin qu'ils s'enrichissent mutuellement de leurs travaux. "Les chercheurs précliniques peuvent identifier des voies et des comorbidités spécifiques dans la démence, qui sont ensuite reprises par les cliniciens et testées dans des essais cliniques", explique le Dr Stefanovic. "Ensuite, lorsque les chercheurs chargés des essais cliniques observent des aspects de l'état des patients qui pourraient être des prédicteurs d'une meilleure ou d'une moins bonne efficacité du traitement, ils peuvent revenir vers les chercheurs précliniques et leur demander de tester ces hypothèses dans un nouveau modèle."
"Il est très peu probable qu'une seule personne puisse comprendre la complexité de la démence. En revanche, si l'on met en place un réseau de personnes ayant toutes des points de vue différents, beaucoup d'entre elles ayant des antécédents et des points de vue différents, il y a beaucoup plus de chances qu'ensemble, elles fassent de réels progrès"
Grâce à ce réseau, le financement de Brain Canada sert de levier à des expériences plus nombreuses et plus ciblées, ce qui permet de mieux comprendre les nombreux facteurs qui se recoupent et qui contribuent à la démence.