Un chemin solitaire qui a un impact sur tout le monde
Nicole Hagley, éducatrice, ancienne athlète nationale et aujourd'hui professeur de yoga, se remet encore activement d'un accident de vélo survenu il y a deux ans. "Il faut que les gens comprennent la diversité du cerveau et le fait qu'il n'y a pas deux lésions cérébrales identiques
"Même si vous êtes entouré d'un cercle de soins extraordinaire, vous traversez cette épreuve tout seul. Et vous ne pouvez pas l'assimiler, donc vous ne pouvez pas exprimer ce qui vous arrive et ce que vous ressentez"
Bien que ses deux enfants soient aujourd'hui de jeunes adultes, Mme Hagley explique que sa lésion cérébrale lui a rappelé les années de la petite enfance, lorsque l'incapacité à communiquer se traduit par des émotions et des crises de frustration : "Je fondais tout simplement", décrit-elle.
Malgré la solitude, Hagley reconnaît que les lésions cérébrales ont un impact profond sur l'ensemble de la communauté d'un survivant. "Mes relations ont été profondément affectées au cours de ce voyage de rétablissement", dit-elle. "Du jour au lendemain, toutes mes tâches et responsabilités domestiques ont été confiées à mon mari et à mes enfants. De même, mes tâches professionnelles, en tant qu'éducatrice et chef de service, ont dû être transférées à des collègues, ce qui a eu un impact sur mes relations professionnelles."
Sa famille travaille encore sur les traumatismes personnels qui ont découlé de l'accident.
"Il a fallu, et il faut encore, un grand effort personnel et émotionnel pour traiter et gérer la culpabilité de savoir que votre accident a causé tant de douleur", déclare Nicole.
Lors de l'accident de vélo, les lunettes de soleil de Nicole se sont enfoncées dans son visage, ce qui a nécessité une intervention chirurgicale.
"Une fois mon visage guéri, je suis entrée dans le monde du handicap invisible"
Aujourd'hui, Nicole est suffisamment guérie pour avoir l'air normale et respecter les normes sociales. Mais chaque jour est encore un combat. "Je ne peux pas traiter les informations dans l'instant", dit-elle. Une tâche qui prenait quelques secondes, comme la rédaction d'un courriel, peut prendre 15 minutes ou plus.
Selon Nicole, le monde est tout simplement trop bruyant. Alors qu'elle se rétablissait, elle aspirait au calme, là où le chaos de son cerveau pouvait se calmer. Finalement, grâce au yoga, à la méditation et à la physiothérapie, ainsi qu'au soutien indéfectible de sa famille et des soignants, elle est sur la voie de la guérison. "Il y a encore du chemin à parcourir dans cette guérison, mais je n'arrive pas à croire à quel point j'ai progressé