Par Alison Palmer, responsable de l’évaluation et des projets spéciaux 

Pour chaque dollar investi en financement d’amorçage dans le cadre du programme Futurs leaders canadiens de la recherche sur le cerveau, les futurs leaders obtiendront 7,75 $ de plus pour tirer parti de leurs découvertes. 

Depuis 2019, le programme Futurs leaders a soutenu 131 chercheuses et chercheurs prometteurs en début de carrière en octroyant 100 000 $ à chacun d’eux pour leur permettre de mener des projets audacieux, de faire avancer leurs programmes de recherche et de lancer leur carrière. Ce financement d’amorçage a permis au programme Futurs leaders : 

  • d’engager plus de 420 étudiantes et étudiants, stagiaires et professionnelles et professionnels hautement qualifiés pour faire avancer les projets de recherche;  
  • de recruter plus de 1 200 personnes pour participer à la recherche;  
  • d’établir 165 collaborations avec d’autres chercheuses et chercheurs, professionnelles et professionnels de la santé et décisionnaires; 
  • de générer un total de 117 publications examinées par les pairs, qui constituent l’unité de mesure de la productivité en recherche, qui ont déjà été citées plus de 1 700 fois, ce qui témoigne de la façon dont leur travail fait progresser le domaine;  
  • de récolter 101,7 M$ de financement supplémentaire pour poursuivre les recherches financées par la Fondation Brain Canada, dont plus de 39,7 M$ de financement complémentaire des Instituts de recherche en santé du Canada; 
  • de faire d’innombrables découvertes qui transforment notre compréhension du cerveau et font progresser les solutions aux maladies et troubles qui le touchent. 

« Le financement de la Fondation Brain Canada a fourni le soutien essentiel au lancement de mon programme de recherche. Sans lui, je n’aurais pas été en mesure de produire la validation de concept et les données préliminaires nécessaires pour obtenir des subventions importantes. » 
– Ashlyn Swift-Gallant (Ph. D.), Université Memorial de Terre-Neuve 

Voici quelques-uns des récits décrivant les retombées de la recherche financée grâce au programme Futurs leaders, lequel est possible grâce au soutien de partenaires et de donateurs, y compris un don important de la Fondation Azrieli. 

D’essais-erreurs à traitement de précision  

Headshot of Luka Milosevic
Luka Milosevic, Ph.D.

Depuis des dizaines d’années, la stimulation cérébrale profonde aide les personnes atteintes de troubles cérébraux, mais les cliniciennes et cliniciens se sont largement appuyés sur des essais-erreurs pour déterminer où placer les électrodes et comment programmer la stimulation.  

Cela dit, les recherches de Luka Milosevic (Ph. D.), futur leader, changent la donne.  

En enregistrant l’activité cérébrale pendant la neurochirurgie, Luka Milosevic et son équipe de recherche du Réseau universitaire de santé ont montré que les troubles cérébraux, tels que la maladie de Parkinson, ne sont pas attribuables à un dysfonctionnement d’une seule région du cerveau, mais à une communication anormale entre les réseaux cérébraux. Ils ont ensuite repéré des signaux cérébraux mesurables – des biomarqueurs – qui révèlent comment les circuits dysfonctionnels réagissent à la stimulation en temps réel. Ces découvertes fournissent aux cliniciennes et cliniciens des directives objectives pour cibler et ajuster la stimulation cérébrale profonde, contribuant à en faire un traitement plus précis, basé sur les circuits et adapté à chaque patiente et patient, améliorant ainsi les résultats pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson et d’autres maladies neurologiques.  

M. Milosevic a obtenu près de 1,3 M$ supplémentaires pour faire avancer ses travaux financés par la Fondation Brain Canada, visant notamment à soutenir un essai clinique qui utilisera ces biomarqueurs pour personnaliser le traitement. Ses recherches ont également produit de nouveaux outils et de nouvelles méthodes d’analyse qui sont désormais utilisés par d’autres scientifiques, accélérant ainsi les efforts visant à mettre au point des traitements par neuromodulation personnalisés et des technologies de stimulation cérébrale de nouvelle génération.  

« C’est emballant à chaque fois. On appuie sur un bouton, le patient entend un bip et, soudain, ses tremblements cessent, parfois pour la première fois depuis des dizaines d’années. C’est incroyablement gratifiant. » 
– Luka Milosevic

L’incidence de la santé intestinale sur le développement du cerveau  

Headshot of Annie Ciernia
Annie Ciernia, Ph.D.

Les maladies inflammatoires chroniques qui débutent dans l’enfance peuvent affecter bien plus que le corps : elles peuvent aussi influencer le développement du cerveau. Les recherches de la future leader, Annie Ciernia (Ph. D.), aident à comprendre ces liens en découvrant les effets potentiels de l’inflammation de l’intestin sur la maturation du cerveau à des stades critiques des premières années de vie. 

À l’aide d’un nouveau modèle animal pour étudier les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), Annie Ciernia et son équipe de recherche de l’Université de la Colombie-Britannique ont découvert que l’inflammation intestinale en début de vie perturbe la communication entre le microbiome, les systèmes hormonaux et le cerveau. Ces perturbations diffèrent entre les animaux mâles et femelles; chez les mâles, ces changements ont été associés à une modification des taux d’hormones sexuelles, à un retard de la puberté et à des différences de comportement reflétant les observations cliniques chez les jeunes garçons atteints d’une MICI. 

Au cœur de ces effets se trouvent les microglies, les cellules immunitaires du cerveau, qui répondent aux signaux de l’intestin et contribuent à façonner le développement des régions cérébrales responsables de la régulation des hormones et du comportement. Annie Ciernia et son équipe ont montré que les perturbations de cette voie de signalisation intestin-cerveau peuvent modifier le développement des microglies, de façons très différentes selon le sexe. 

Ces travaux montrent que les MICI ne touchent pas seulement le système gastro-intestinal, mais qu’elles peuvent avoir des effets durables sur le développement neurologique.  

Dans le cadre de ces travaux, l’équipe a mis au point une boîte à outils informatiques en libre accès pour analyser l’état des cellules microgliales à grande échelle. Elle a également mis au point un nouveau modèle préclinique dans lequel des souris portent des microbiomes humains provenant de personnes atteintes d’une MICI. Ensemble, ces avancées fournissent de nouveaux outils puissants pour étudier l’effet de l’inflammation chronique sur la santé du cerveau, jetant ainsi les bases de traitements qui s’attaquent à la fois aux conséquences physiques et neurologiques des MICI. 

« Il s’agit d’un programme formidable qui a donné une toute nouvelle orientation à mon laboratoire. Sans ce soutien, nous n’aurions pas commencé à explorer l’axe intestin-cerveau, qui est aujourd’hui l’un des principaux centres d’intérêt de mon groupe. » 
– Annie Ciernia 

Découverte d’un facteur caché de l’évolution de la sclérose en plaques 

Jo Anne Stratton, Ph.D.

La sclérose en plaques (SP) s’explique généralement comme une maladie où le système immunitaire attaque la myéline, la membrane qui entoure et protège les neurones. Toutefois, de nouvelles recherches menées par la future leader, Jo Anne Stratton (Ph. D), suggèrent que ce n’est pas tout. 

Avec son équipe de l’Institut neurologique de Montréal de l’Université McGill, elle met en lumière un type de cellule moins connu dans le cerveau : les épendymocytes, qui tapissent les cavités où circule le liquide cérébral. Dans le cadre de son projet financé par le programme, Mme Stratton et son équipe ont découvert que le liquide céphalorachidien des personnes atteintes de SP peut perturber le fonctionnement de ces cellules. Par exemple, lorsqu’ils sont exposés au liquide céphalorachidien de personnes malades, les cils (de minuscules structures semblables à des poils sur les épendymocytes) cessent de battre. Les mouvements des cils épendymaires sont essentiels à la bonne circulation du liquide, qui maintient la capacité du cerveau à fournir des nutriments et à éliminer les déchets métaboliques. Poussant plus loin ses recherches, l’équipe a découvert que ces modifications des épendymocytes étaient liées à des effets comportementaux similaires aux symptômes de la SP, ce qui indique que la perturbation de la circulation du liquide due au dysfonctionnement des cils pourrait jouer un rôle critique dans les symptômes de la maladie. 

Les travaux de Mme Stratton ont été publiés dans Brain et les données relatives au projet sont accessibles sur son site Web de science ouverte, afin que d’autres chercheuses et chercheurs puissent tirer parti de ses résultats. Mme Stratton et son équipe étudient maintenant la manière dont certains des facteurs toxiques clés présents dans le liquide céphalorachidien des personnes atteintes de SP endommagent les épendymocytes dans le but d’orienter de nouvelles recherches en matière de traitement.  

« Si les traitements actuels permettent de réduire les poussées, ils parviennent rarement à freiner l’aggravation progressive de la SP. Notre objectif ultime est de trouver des moyens de restaurer les épendymocytes, de protéger les fonctions cérébrales et de prévenir l’évolution de la maladie. »
– Jo Anne Stratton 

Il ne s’agit là que de trois études qui se déroulent en ce moment même au Canada.

Rencontrez les tout derniers futurs leaders et découvrez les recherches qu’ils mènent.