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Utiliser des vers pour étudier le mécanisme de la SLA

Alex Parker et son assistante de recherche Claudia Maios.

Le projet

L’équipe d’Alex Parker se consacre à la mise au point et à l’utilisation de modèles simples destinés à étudier les maladies du cerveau, en particulier la SLA. À cette fin, les chercheurs ont choisi de faire appel au ver Caenorhabditis elegans (C. elegans). Avec ses 300 neurones, ce petit ver transparent est le candidat idéal pour modéliser les maladies neurodégénératives dans le cadre de travaux de recherche, notamment pour faciliter la découverte de médicaments. Grâce aux vers génétiquement modifiés pour manifester la SLA de l’humain, Alex Parker peut étudier les mécanismes, normaux et pathologiques, de gènes qu’il soupçonne de participer à la SLA. Dans le cadre de travaux antérieurs, l’équipe d’Alex Parker a réussi à établir un lien entre le système immunitaire et la mort des motoneurones en présence de SLA. Les chercheurs partaient du principe que les protéines mutantes de la SLA déclenchent une réponse immunitaire erronée ainsi qu’un processus de mort neuronale menant au dépérissement des neurones moteurs.

En 2014, l’équipe a remporté la bourse de découverte de la Société canadienne de la SLA et de la Fondation Brain Canada afin de pousser leurs travaux et remonter à la source de ce qui déclenche la réponse immunitaire, ou « immunité naturelle », et élucider le mécanisme qui entraîne la mort des motoneurones. Ce projet a pour objectif d’utiliser les vers C. elegans pour explorer et cartographier les voies de signalisation empruntées par la réponse dégénérative, afin que ces renseignements puissent être utiles dans le cadre de futurs travaux examinant des mécanismes pathologiques et méthodes thérapeutiques chez les vertébrés. Depuis, les chercheurs ont découvert que la voie de signalisation TIR-1/Sarm joue un rôle déterminant dans la neurodégénérescence associée aux protéines mutantes et qu’il est possible d’atténuer la détérioration des motoneurones en bloquant la réponse immunitaire. Leurs conclusions ont été publiées en juin 2015 dans la revue Nature Communications. L’équipe d’Alex Parker examine maintenant si la voie TIR-1/Sarm régule la dégénérescence des motoneurones dans des modèles murins de SLA (avec le soutien de la Muscular Dystrophy Association). Ces travaux pourraient révéler de nouvelles cibles thérapeutiques pour ralentir la progression de la SLA chez les humains.