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Veiller à ce que la recherche sur la démence ait égard au sexe et au genre

Gillian Einstein, Titulaire de la Chaire de recherche en vieillissement et santé cérébrale des femmes de Wilfred et Joyce Posluns à l’Université de Toronto, et dirigeante du programme transversal Femmes, sexe, genre et démence du CCNV.

 

Dirigé par Gillian Einstein, titulaire de la Chaire de recherche en vieillissement et santé cérébrale des femmes de Wilfred et Joyce Posluns, à l’Université de Toronto, le programme transversal Femmes, sexe, genre et démence (FSGD) aide toutes les équipes du Consortium canadien en neurodégénérescence associée au vieillissement (CCNV) à intégrer les notions de sexe et de genre dans leurs travaux de recherche sur la démence.

Même si la maladie d’Alzheimer frappe surtout les femmes, la majorité de la recherche fondamentale à l’origine de notre connaissance de la maladie repose sur des travaux utilisant des rats mâles. Plus encore, plusieurs études cliniques incluent bel et bien les deux sexes, mais l’analyse des résultats évacue les différences liées à cet aspect.

Malgré une réticence chronique à valoriser les considérations liées au sexe et au genre, « ces différences ressortent la plupart du temps lorsqu’on analyse les données en fonction du sexe », affirme-t-elle. Lorsque
ce n’est pas le cas, il est aussi important de le savoir, ajoute-t-elle.

Afin que les considérations de sexe et de genre soient pleinement intégrées aux pratiques du CCNV, Gillian Einstein travaille avec des spécialistes en la matière qui œuvrent au sein de chaque équipe de recherche. Les spécialistes se réunissent régulièrement pour comparer leur travail et examiner les différentes méthodes d’évaluation en fonction du sexe et du genre, afin que le milieu de la recherche canadienne maîtrise bien cet enjeu.

Elle s’assure également que les articles scientifiques émanant du CCNV aient égard au sexe et au genre. Le programme transversal FSGD veille également à ce que les chercheurs disposent des fonds nécessaires pour que leurs recherches portent sur une population eprésentative, notamment en finançant des colonies de rates dont l’utilisation est habituellement plus coûteuse.

« Le programme transversal FSGD fait en sorte que chaque équipe et chaque projet de recherche tienne compte du sexe et du genre, et ce, en créant un contexte propice à l’adoption d’une telle démarche », affirme-t-elle.

Selon Gillian Einstein, il importe d’en cerner les tenants et aboutissants par rapport à la démence, car nous serons mieux outillés pour offrir des soins personnalisés et efficaces aux Canadiens atteints de cette maladie. «Même si c’est un aspect parmi d’autres, le sexe et le genre forment un tout que l’on néglige, note-t-elle. Les femmes sont un groupe que la science néglige. »

Elle espère que ce mouvement financé par la Fondation Brain Canada s’étendra à tout le milieu scientifique canadien.

C’est aussi l’espoir du Dr Chertkow qui aimerait voir le programme FSGD devenir un modèle international. «L’équipe veille à ce que le Canada soit à l’avant-garde en matière de sexe et de genre », dit-il.

Ces travaux s’inscrivent dans l’esprit de la politique sur le sexe, le genre la diversité et l’inclusion adoptée par la Fondation Brain Canada au début de l’année 2021, ainsi que dans l’obligation d’inclure ces notions dans les programmes de recherche qu’elle financera à l’avenir.