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Dissociation des voies de l’acétylcholine et du glutamate : importance de chacun de ces neurotransmetteurs dans les toxicomanies et les dyskinésies

Chef d'équipe 
  • Salah El Mestikawy, Douglas Mental Health University Institute
Membres de l'équipe :
  • Vania Prado, University of Western Ontario
  • Marco Prado, University of Western Ontario
  • FRSQ
  • McGill University/Douglas Hospital Research Institute
  • University of Western Ontario

Aperçu du projet

La maladie de Parkinson et la toxicomanie constituent un lourd fardeau humain et économique pour la société. Pour percer le mystère de ces pathologies, il faut élucider le mécanisme régissant le corps strié, une région très spécifique du cerveau. Le corps strié régule certains comportements altérés par la maladie de Parkinson et la toxicomanie, notamment le contrôle moteur, l’acquisition d’habitudes et de compétences, ainsi que l’apprentissage par association de motivation et de récompense. Pour communiquer entre eux, les neurones (cellules cérébrales) utilisent des neurotransmetteurs qui fonctionnent avec une combinaison de signaux électriques et chimiques. Ceux qui prédominent dans le corps strié sont la dopamine, l’acétylcholine et le glutamate, de sorte qu’ils participent aux problèmes de communication associés à ces pathologies cérébrales. Par exemple, la maladie de Parkinson est principalement imputable à la disparition progressive de la dopamine dans le corps strié. Ce neurotransmetteur régit aussi l’attente de récompense ainsi que l’accoutumance aux drogues comme la cocaïne, la morphine, la nicotine, les amphétamines et l’alcool. De plus, les neurones qui sécrètent l’acétylcholine (aussi appelés NAT ou neurones à activité tonique) régulent plusieurs altérations pathologiques de ces maladies. L’équipe de Salah El Mestikawy a récemment fait une découverte étonnante : les neurones qui sécrètent l’acétylcholine peuvent aussi libérer du glutamate, un autre neurotransmetteur. Ce fait suppose que les neurones peuvent communiquer avec d’autres cellules du corps strié en empruntant deux différents codes chimiques. D’après leurs observations, ils soupçonnent aussi que ces neurones « bilingues » utilisent l’acétylcholine pour réguler la formation d’habitudes et la motivation, et le glutamate pour régir l’accoutumance aux drogues. C’est donc en alternant ces deux « langues » que les NAT parviennent à séparer le type d’information véhiculée aux neurones du corps strié. L’objectif ultime de ce projet vise à décoder ces échanges en transmettant les deux codes chimiques qui régulent le corps strié en santé et malade. Dès lors qu’on aura élucidé ce « bilinguisme neuronal », il sera possible de mettre au point des médicaments ciblant les maladies touchant le corps strié.